Publié par Eduardo Mackenzie le 7 novembre 2022
Des criminels, même si le Petrisme les appelle « jeunes »

J’ai bien peur que la peine de 14 ans et sept mois de prison, prononcée en temps utile par un admirable juge spécialisé de Bogotá, contre Sergio Andrés Pastor González, alias « 19 », chef des deux bandes criminelles, « première ligne » et « resistencia portal americas », se termine par une prochaine sortie de prison grâce à une initiative présidentielle et à l’insu de l’opinion publique.

Gabriela Posso Restrepo, désormais « Conseillère présidentielle pour la jeunesse » de la Casa de Nariño, affirme sans rougir que les quelques 211 détenus, membres de ces bandes, auteurs d’homicides, d’actes de torture, d’incendies et de toutes sortes d’actes de vandalisme lors des émeutes entre 2019 et 2021, sont des « prisonniers politiques » et des « faux positifs judiciaires » qui devraient être libérés au plus vite. La responsable-militante appelle également au « démantèlement de l’Esmad (police antiémeute) et à la « réformeʺ de la Police nationale.

Forts des thèses de Gabriela Posso Restrepo, un groupe d’hommes cagoulés ont attaqué et tenté de s’emparer du siège du Parquet de Bogotá le 28 octobre, mais ils ont été mis en déroute par l’Esmad. Un autre qui veut entraver la justice et faire en sorte que ces criminels soient graciés est Alirio Uribe, un sénateur petriste.

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Dans ce contexte, la décision historique du quatrième juge pénal spécialisé, qui a également condamné trois autres membres de la bande d’alias « 19 » (Marcela Ivonne Rodríguez Parra, Johan Steven Sainea Rubio et Fernando Urrea Martínez), et qui a été applaudi par le pays, pourrait être anéantie par des fanatiques de l’impunité pour les vandales.

Alias​​​​ »19″ et ses complices ont violemment attaqué des membres de la force publique, incendié et détruit le vaste arrêt de bus Amériques du système de transport Transmilenio, lors d’une émeute antigouvernementale dans le sud de Bogotá.

Ils ont également commis des actes de torture physique et psychologique à l’encontre d’un civil non armé dans un parc de cette ville le 4 juin 2021. Croyant que ce piéton était un policier, ils l’ont kidnappé, battu, dépouillé de ses affaires et l’ont blessé trois fois avec un couteau. Immédiatement, détaille la presse, « ils l’ont attaché à un arbre, l’ont recouvert de peinture et l’ont aspergé d’essence en menaçant de l’incendierʺ. La victime a réussi à se sortir en vie de cette terrible transe grâce à l’intervention de passants qui ont empêché l’horrible incinération.

Les complices de Sergio Pastor non encore capturés ont envoyé une menace au juge pendant qu’il lisait la sentence. Ils lui ont dit qu’ils le trouveraient un jour dans la rue pour lui régler son compte. Gabriela Posso n’a jamais demandé que ce nouveau délit fasse l’objet d’une enquête. Le juge menacé est placé sous la protection de la police.

Ce sont ces individus que la propagande petriste qualifie de simples « jeunes » injustement détenus par le Parquet.

La presse rapporte qu’un procureur de la Direction spécialisée contre les organisations criminelles a révélé au cours du procès que alias ʺ19″ et les autres condamnés se sont rassemblés, depuis le 28 avril 2021, « dans des camps de fortune dans les communes de Kennedy et de Bosa, à la périphérie de Bogota, d’où ils ont coordonné leurs attaques contre les forces de police ». Ils y ont accumulé des matraques, des pierres, des couteaux, des cocktails Molotov et des substances chimiques pour commettre leurs méfaits.

Il faut saluer la valeur civile tant du juge spécialisé que celle de la Police Judiciaire, du Parquet et de l’Esmad. Ces quatre entités, en retrouvant les preuves qui ont rendu ces condamnations possibles, et en empêchant la prise de contrôle violente du Parquet, ont défendu la société et les institutions. « La police nationale continuera à remplir son devoir de protéger ceux qui enfreignent la loi pénale », a déclaré le général Henry Armando Sanabria.

La condamnation de l’alias « 19ʺ (se pourrait-il que ce « 19ʺ soit pour insinuer que la ʺpremière ligne » et les gangs assimilés sont des groupes d’action d’un M-19 clandestin?) devrait être l’occasion de rouvrir le dossier de la grève insurrectionnelle lancée le 31 avril 2021 par le parti extrémiste « Colombia Humana » et son leader Gustavo Petro. C’est dans l’un des féroces barrages routiers de cette insurrection que Luz Mary Arévalo, une mère en train d’accoucher et qui était transportée d’urgence dans un hôpital de Bogotá, a donné vie dans l’ambulance à un bébé, Salvador, qui est décédé quelques minutes plus tard.

L’ambulance avait été stoppée le 4 mai par des vandales qui avaient tenté de renverser et d’incendier le véhicule avec ses occupants à l’intérieur. Désemparée par une telle brutalité, Luz Mary a donné naissance à son bébé mais celui-ci n’a pas survécu faute d’oxygène. María Antonia Pardo, directrice de la communication de Gustavo Petro, a stupéfait la Colombie lorsqu’elle a acquitté ensuite les meurtriers : « Le bébé n’est pas mort à cause des manifestants, le bébé serait mort tout aussi pitoyablement », a-t-elle éructé. Sur les réseaux sociaux, des milliers de personnes ont dénoncé un tel manque d’humanité: « On ne parle pas d’un chien, on parle d’un enfant, pour l’amour de Dieu », lui a répondu l’un d’eux (1).

Le décès de Salvador n’était qu’un des 21 morts causés par la grève insurrectionnelle de 50 jours de 2021. Les autres chiffres de ce drame dans le pays sont révélateurs : 1 113 civils blessés, 1 362 policiers blessés, 3 425 barrages routiers, 106 ambulances agressées, 160 bâtiments publics attaqués, 1 260 bus détruits, 465 magasins pillés, 460 banques attaquées et 56 970 armes saisies.

L’enquête qui aboutit aux sanctions prononcées contre le gang d’alias « 19 », auteurs matériels d’une partie des crimes commis par la « première ligne » et « portal americas résistance », n’a pas encore commencé à rechercher les auteurs intellectuels et les instigateurs de ces journées sanglantes dans tout le pays. Il faut savoir qu’il ne s’agissait pas d’une « grève générale », ni d’une série de « marches pacifiques ». C’était bel et bien une insurrection putschiste qui a échoué et que personne ne devrait oublier. Luz Mary Arévalo et son mari John Fredy Abril, les parents de Salvador, n’oublieront jamais.

(1).- Voir: https://www.costanoticias.com/colombia-humana-no-colombia-bestial-por-eduardo-mackenzie/

© Eduardo Mackenzie (@eduardomackenz1) pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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