Publié par Guy Millière le 14 novembre 2022
Elections de mi-mandat aux Etats-Unis : un désastre pour l’Amérique et le monde

J’ai passé une semaine en France pour donner des conférences et des interviews à la radio et à la télévision aux fins de promouvoir mon livre Après la démocratie ?* , et de dire ce qui ne se dit nulle part dans les grands médias français (et je remercie en particulier Ivan Rioufol pour son intégrité et son courage).

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Un signe de l’état des grands médias français : pas une seule des grandes chaines de télévision françaises grand public ne m’a invité. Un autre signe de l’état de la France : le livre a été plusieurs fois impossible à acheter sur Amazon et sur la Fnac, les deux principaux sites d’achat de livres en ligne, bien que le livre soit disponible, et cela ressemble à une volonté de sabotage. Je ne sais pas si je reviendrai en France, même pour deux ou trois jours. 

Lorsque j’ai parlé avant les élections du 8 novembre aux Etats-Unis, je pouvais maintenir le point d’interrogation qui figure dans le titre du livre, et dire que la démocratie, la république et les institutions aux Etats-Unis étaient menacées, mais qu’un sursaut Républicain allait sans doute se produire. Après le 8 novembre, j’ai dû changer de discours. 

Il n’y a pas eu, le 8 novembre, le raz-de-marée Républicain prévu par tant d’observateurs, mais un résultat très inquiétant. 

Malgré les ravages infligés au pays par l’administration Biden (et les ravages sont nombreux et intenses, j’en ai traité ici), les Démocrates n’ont subi qu’une défaite très partielle et très mineure et, ce doit être dit, leurs adversaires Républicains ont été essentiellement mis en échec. Je procéderai à une analyse plus détaillée de ce qui s’est passé dans les jours qui viennent, mais je peux d’ores et déjà souligner quelques points très importants :

  • Employer le mot fraude vaut de se trouver qualifié immédiatement de « complotiste ». Je l’emploierai quand même. Il y a deux ou trois décennies, les élections aux Etats-Unis avaient lieu le jour de l’élection, il fallait présenter une pièce d’identité pour voter, les bulletins de vote par correspondance étaient rares, les machines à voter n’existaient pas, et les résultats étaient en général rapidement connus. Dans les Etats tenus par des gouverneurs Démocrates, le vote commence désormais un mois avant l’élection, le recours au vote par correspondance, le plus souvent sans contrôles stricts, s’est disséminé, le recours au « ballot harvesting », la récolte des bulletins par des militants (Démocrates) passants de maison en maison s’est disséminé aussi. L’absence de contrôle de l’identité de la personne allant voter avant qu’elle vote s’est répandue. Des votes par correspondance arrivent deux ou trois jours après la date de l’élection et sont pris en compte. Les machines à voter sont quasiment la règle et peuvent être programmées. Tout cela permet de tricher aisément, et la triche a atteint un point culminant lors de l’élection présidentielle de novembre 2020. Les juges ont refusé d’examiner les plaintes, soit parce qu’ils étaient de gauche, soit parce qu’ils ont été intimidés. L’establishment Républicain n’a pas réagi, car il voulait se débarrasser de Trump. Des millions d’Américains, eux, ont réagi et ont été confrontés à des méthodes de type dictatorial. On doit constater que deux ans plus tard, toutes les pratiques qui permettent de tricher sont restées en place et ont été utilisées.

    Quand un candidat est en mesure de l’emporter avec une marge importante, procéder à des « ajustements » est très difficile, car cela devient trop visible, mais lorsque la marge est plus faible, c’est tout à fait possible, et plusieurs candidats Républicains ont vu ainsi, au bout de trois ou quatre jours, leur avance fondre et se transformer en une légère avance de leur adversaire Démocrate. Tant que tous les éléments que je décris ici seront en place, une victoire Républicaine sera sans doute impossible. L’establishment Républicain semble accepter la perspective d’une victoire impossible pour les Républicains et y trouver son compte. Seuls Trump et ses soutiens n’acceptent pas.
  • Une complicité semble désormais exister entre l’establishment Républicain et les Démocrates. Le Parti Républicain a financé les campagnes des membres de l’establishment, et retiré les financements accordés aux candidats trumpistes, et a ainsi plusieurs fois nui à leur campagne et clairement souhaité leur défaite. Le Parti Républicain, dans ses publicités diffusées à la télévision, ne s’est jamais appuyé sur le bilan extraordinairement positif des années Trump pour promettre un redressement, et s’est contenté de formules génériques et vagues. Il est clair maintenant que cela a eu bien plus de conséquences qu’on aurait pu l’imaginer.
  • s’ajoute l’évidence de l’effet de la propagande d’extrême gauche qui imprègne le système éducatif et les grands médias américains. Les jeunes de dix-huit à trente ans ont voté en moyenne à 63 pour cent pour les Démocrates. Chez les moins de vingt-cinq ans, le chiffre est encore plus élevé. Des sondages montrent qu’une légère majorité de la population pense réellement que les Républicains sont une menace pour la Démocratie, ce qui influe sur les votes : même si 75 pour cent des Américains pensent aujourd’hui que le pays va dans une très mauvaise direction, une part d’entre eux a estimé que l’important était d’abord d’écarter les Républicains.

    Contester les résultats semble, après l’échec de Stop the Steal il y a deux ans, devenu impensable. 

Je pourrais ajouter de nombreux autres points, et je le ferai.

Mais oui :

  • Des pratiques litigieuses sont en place et interdisent peu ou prou une victoire Républicaine, et cela concerne les élections présidentielles de 2024. Sans un retour au vote par bulletin en papier le jour de l’élection, avec présentation d’une pièce d’identité, sans limitation du vote par correspondance, les Démocrates sont assurés de l’emporter à chaque fois. 
  • Oui, l’establishment Républicain est prêt à accepter la position confortable d’éternel opposant et à se résigner à la transformation radicale du pays voulue par les Démocrates.
  • Oui, Trump et les trumpistes sont les seuls à incarner une volonté de sauver le pays, et ils sont combattus tout à la fois par les Démocrates et par l’establishment Républicain, qui dit en ce moment que Trump, le seul Républicain depuis Ronald Reagan à avoir apporté d’importants succès au pays, est un perdant et un imposteur. 
  • Oui, le système éducatif et les grands médias sont aux mains de l’extrême gauche et lavent les cerveaux.

Le futur des Etats-Unis est en jeu : sans une action énergique de redressement, les Etats-Unis deviendront rapidement un pays socialiste, déclinant, détruit de l’intérieur. 

Le futur du monde est en jeu : sans une action énergique de redressement, les Etats-Unis cesseront d’être la première puissance du monde, et le futur sera sans doute chinois. Ceux qui ne sont attachés ni à la liberté ni à la démocratie sont prêts à l’accepter.  

Ceux qui sont attachés à la liberté et à la démocratie pensent que c’est inacceptable. Je suis l’un d’entre eux.

Les élections de mi-mandat du 8 novembre ont été un désastre pour les Etats-Unis et pour le monde. Sans un sursaut, le désastre pourrait s’accentuer. Et je ne vois pas le sursaut se dessiner.

L’establishment Républicain, soutenu par la majorité des médias conservateurs, veut écarter Trump de la candidature à l’élection présidentielle de 2024, et lui préfère Ron DeSantis, excellent gouverneur de Floride, qui, lui, ne conteste pas le système électoral en place. Si Trump est écarté et si DeSantis, comme c’est probable dans les conditions présentes (DeSantis a gagné en Floride, mais la Floride n’est pas les Etats-Unis, et sans changements drastiques du système électoral, il ne pourra gagner à l’échelle du pays), perd en 2024, le désastre sera sans doute irréversible. Si Trump parvient à s’imposer, et si l’establishment Républicain le torpille, le désastre sera sans doute irréversible, là encore. 

© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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