Publié par Dreuz Info le 26 novembre 2022
« IVG : Ils veulent inscrire la légalisation de notre assassinat dans la constitution, c’est du délire ! » le cri d’un enfant à naître

Le Bambi de Walt Disney a dissuadé beaucoup plus de chasseurs que tous les végans et antispécistes réunis. Sans blâmer les chasseurs, mais prenant appui sur le même modèle, j’ai juré de vous émouvoir – d’amitié ou de colère, qu’importe ? comme eut dit Bernanos, avec l’histoire de cet enfant à naître.

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« Il n’y a pas plus innocent que nous. Nous sommes le fruit d’une compétition entre trois à quatre cents millions de gamètes mâles. C’est autre chose que le marathon de New-York. Un seul spermatozoïde sur des centaines de millions issu de notre géniteur franchira la ligne d’arrivée. Certaines de ces gamètes portent le chromosome mâle Y d’autres le chromosome femelle X. On dit que les chromosomes mâles se déplacent plus vite mais qu’ils sont moins robustes. Ils gagnent l’utérus et rejoignent les trompes de Fallope (…) Dès qu’un spermatozoïde – une gamète mâle – est entré dans l’ovocyte – la gamète femelle – les autres spermatozoïdes sont exclus. Ainsi 23 chromosomes, l’information provenant de mon géniteur, ont rencontré les 23 chromosomes de ma maman et forment le zygote, les fameuses 23 paires de chromosomes, soit l’information complète nécessaire à la fabrication d’un être humain, son génome. (…) Cette double hélice, c’est moi, prolongement de mes parents, et à jamais différent de chacun d’eux. Frayant à jamais, doucement, le long de deux brins complémentaires de bases azotées, la recette de mon identité, ce drôle de zigoto dont vous lisez le journal de bord. L’ADN qui créera la forme de mon nez. Et Dieu sait l’importance de chaque détail. Vous connaissez cette pensée de Blaise Pascal : « Le nez de Cléopâtre : s’il eût été plus court, toute la face de la Terre aurait changé. »

(…)

« Au cours de la semaine précédente selon ce qu’on m’a raconté je suis passé d’une forme ronde à une forme allongée. J’ai commencé à ressembler à un petit hippocampe qui mesure 2,5 mm de la tête au coccyx, rien à voir avec la carrure d’un taureau de combat sur lequel tout le monde s’apitoie. Mon grand frère depuis qu’il marche, ma mère l’a mesuré en faisant un trait sur le chambranle de la porte de la cuisine. Il mesure 76 centimètres – pas gêné, debout sur ses guiboles, alors que moi on me mesure de la tête aux fesses – ; il a un an le vieux, ma mère dit douze mois… cinquante-deux semaine, la vache. Ça me tue ! Mon frère est un grand bêta. Il a tout oublié. Il en a su autant que moi mais il a tout oublié. Attention je ne prétends pas tout savoir. Suis quand même pas le bon Dieu. Nous avons une culture orale – comme les civilisations sans écritures dont parlent les ethnologues – qui remonte au déluge. Je ne sais pas tout par moi-même. Nous communiquons entre-nous. Je puise à travers le rhizome de la communauté planétaire des fœtus,  dans leurs connaissances, comme vous le faîte par l’internet. (…)

« L’auteur de ces lignes serait bien incapable d’écrire ce que vous venez de lire, parce qu’il n’en saurait pas plus – lui comme les autres – si je n’avais pas décidé de lui souffler à l’oreille tout ce qu’il écrit, c’est la raison pour laquelle j’en parle parfois comme de mon « nègre » comme on disait autrefois. (…)

« Lors de l’échographie, les battements sont visibles. Mais mon petit cœur est toujours en formation : il a l’air en fait d’une petite bosse. On le voit, très proéminent, à l’avant de mon corps d’embryon. Ma maman a été touché en me devinant sur l’écran, même si je ressemble à un haricot avec de petits bourgeons qui plus tard constitueront mes bras et mes jambes. Mon cou se profile également. Je mesure presque 5 mm de la tête aux fesses. Le cristallin de mes yeux et mon oreille interne amorcent leur développement tout comme mes poumons, mon estomac, mon foie et mon pancréas. Trop bien. Ça me tue !

« Maman est catholique, j’ai de la chance. Il y a de moins en moins de catholiques en France. Fille ainée de l’église. Tu parles Charles. La création du parrainage civil a contribué largement à la baisse du nombre des baptêmes chrétiens. On dit que Mitterrand à l’origine de la relance de cette supercherie de faux baptême issu d’une de ces âmes damnée de la Révolution française, aurait fait un pacte avec le Prince de ce monde en l’Eglise de Rennes-le-Château. Ne s’y est-il pas rendu le 2 mars 1981. A quel culte ou à quel personnage est-il venu rendre hommage ? C’est en 1885 que l’abbé Béranger Saunière est nommé curé de ce petit village de l’Aude, perché sur une colline qui domine la vallée qui mène de Limoux à Couiza.

« Les copains qui vivent dans les ventres des mères d’Andorre, de République Dominicaine, du Salvador, de Malte, du Nicaragua ou du Vatican peuvent dormir sur leurs deux oreilles, les Anglais disent keep the wolf from the door. Dans ces pays-là on nous laisse vivre par principe. Pas d’IVG. Cool, non ?

« N’est-ce pas une personne qui est tué lors de l’avortement ? feint de s’interroger le Pape François autorité morale au-delà des catholiques, sur une radio espagnole. Je parle la langue d’avant la tour de Babel, c’est notre langue vernaculaire, sans être polyglotte je profite de la langue maternelle de mes congénères, j’enregistre ce qui est dit en pré-Babel. Vous écouterez bien mon babil. Ensuite je dicte dans ma propre langue maternelle à l’auteur de mon journal qui, dans un cas comme celui-là, par précaution, ne se contente pas de se croire bien inspiré et vérifie la source sur internet. Vous allez comprendre pourquoi. « N’est-ce pas une personne qui est tué lors de l’avortement ? L’enfant à naître est pourtant une vie, répond le Pape à sa propre question rhétorique. Est-il licite d’éliminer une vie humaine ? Est-il juste d’embaucher un tueur à gage pour résoudre un problème ? Vous avez entendu un tueur à gage, qu’il a dit le pape. Un tueur à gage. Nous vivons dans une culture du rebut. L’inutile est écarté. Les vieillards… les malades en phase terminale ; et les enfants non désirés renvoyés à l’expéditeur avant leur naissance. Pourtant les manuels médicaux parlent de tous les organes présents dès la troisième semaine. Et de l’ADN [qui fait de chaque être, un être unique.]» Le souverain pontife a conclu qu’il ne fallait pas chercher ailleurs les racines de l’hiver démographique européen.

« Un copain niché dans le ventre d’une mère juive me dit que le Talmud, le Talmud vous savez ? question rhétorique, en fait non. C’est le recueil des lois orales rabbiniques. Le Talmud considère l’embryon comme vivant depuis la conception mais l’embryon ne prend le statut d’être humain qu’à 40 jours (un peu moins de 6 semaines) après la fécondation.

« Mélodie une copine de maman qui est une raisonneuse, qui ne croit ni à Dieu ni à diable, mais qui respecte la vie des animaux, des arbres, des plantes, qui ne déplacerait pas un galet sur la plage, défend bec et ongle la loi Veil qu’elle dit. Mais quand elle se découvrit enceinte, elle attendit le lendemain refit un test et se jeta au cou de son copain. « J’ai une merveilleuse nouvelle à t’annoncer, mon chéri. » Ce à quoi celui-ci répondit qu’il fallait qu’il en parle à sa mère. Piquée à vif, celle qui était devenue une lionne lui rétorqua qu’il était hors de question pour elle d’avorter mais qu’elle ne le prenait pas en otage. Elle le garderait, et s’il le fallait elle lui trouverait aussi un nouveau papa dès la semaine prochaine parce qu’il fallait que ça reste plausible. Eh, oui ! nous les embryons, et qui plus est les fœtus, suscitons l’empathie des mamans. Me voilà rasséréné, je vais piquer un bon petit somme. » (…)

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Thierry Martin pour Dreuz

Extrait de Le Polichinelle dans le tiroir, c’est moi, journal d’un enfant à naître, roman de Thierry Martin à paraître prochainement.

Thierry Martin est l’auteur de L’Assassin innocent, nouvelles et libelles sur le thème de l’éthique et du droit à la viechez Amazon

Amazon.fr – L’Assassin Innocent: Graines de romans 2 ( Meurtre à la gare de Bergerac et autres textes ) – Martin, Thierry – Livres

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