Publié par Drieu Godefridi le 4 novembre 2022
Retour du mort-vivant : Céline

J’ai lu LONDRES par Louis-Ferdinand Céline, que vient de publier la si typiquement capitaliste française entreprise GALLIMARD.

Cela nous intéresserait de connaître la généalogie miraculeuse de ces « inédits » en série : deux en quelques mois, et d’aussi massifs ? Comme un défi aux lois de la probabilité. Mais quand on aime, on ne compte pas.

Précisément, moi je n’aime pas. 

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Louis-Ferdinand est un affreux petit bonhomme.

Sa vie durant, sous toutes les latitudes et dans n’importe quelle situation, il n’aura jamais été qu’un poissard vicieux, merdeux, lâche, retors, haïsseur de femmes. Mais haïsseur vraiment. 

Louis-Ferdinand considère les femmes comme des torche-cul — littéralement, je vous laisse découvrir les premières pages de LONDRES.

LONDRES, c’est le Guide du Routard des bas-fonds de la capitale britannique par un goret concupiscent, qui voit tout d’en bas et regrette que les femmes ne soient pas ‘fendues de la tête aux pieds’ pour qu’on les puisse mieux rentabiliser.

Voici donc les aventures de ‘Ferdinand’ dans le Londres de la première guerre mondiale, qui va de ‘claque’ en taupinière, dans un univers tissé de souteneurs, de maquerelles, de putains auxquelles on casse les chevilles (pour rire, et pour dresser), et ‘la Tamise est belle’.

Pas sûr qu’elle partageait la même émotion esthétique quand s’y mirait le cancrelat des lettres françaises.

Et puis, bien sûr, il y a le rapport de l’auteur aux Juifs.

La belle intelligentsia parigote vous explique que, même sur les Juifs, il y a chez Céline, de la profondeur, comme une sorte d’ambivalence (Le Canard enchaîné, 19 octobre 2022).

Du reste, ne fait-il pas l’éloge d’un médecin juif ? Qu’il taxe d’insecte à la page suivante.

Ambivalence, quand tu nous tiens.

Céline le crapoteux n’est pas antisémite théoricien comme un Faurisson, à la rigueur Le Pen.

Il l’est de façon viscérale, pour ainsi dire ontologique.

Quand un Juif croise son chemin, Ferdinand se pétrifie, comme si pointait à l’horizon une araignée géante, crachant de la merde (sans doute le mot et le concept que Ferdinand savoure le mieux : la merde.)

L’indéfectible snobisme culturel parigot transcende ces réserves, forcément médiocres.

Parce que Louis-Ferdinand est un talentueux littérateur — qui osera le contraire ? — eh bien on lui passera mille fois ce qui jetterait le Français moyen dans un cul de basse-fosse.

« Comment un esprit imparfait produirait-il l’idée de la perfection ? » demandait René Descartes.

De la plume d’un exécrable traître bilieux, qui ne contemple jamais le monde que par le trou des lieux d’aisance, jaillit une mélasse d’humanité avec de grosses bulles grasses, qui vous pètent gaîment à la figure.

Au final, un bon petit roman. Indubitablement, cela se laisse lire. Mais ne vous extasiez pas. Vous avez le droit de mépriser le scrofuleux Gollum des lettres françaises, qui fut à Paris comme à LONDRES (Paris, Gallimard, 557p.)

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Drieu Godefridi pour Dreuz.info.

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