Publié par Jean-Patrick Grumberg le 2 décembre 2022
Dialogue : l’avatar d’Elon Musk défend la liberté d’expression face à un journaliste

Elon Musk a retweeté le dialogue supposément créé par un programme d’Intelligence artificielle autour de ce sujet si crucial, que personne n’aurait cru devoir défendre en 2022 : la liberté d’expression face à ses censeurs – qui sont, c’est triste, uniquement de gauche.

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L’auteur du tweet initial donne supposément cette instruction à son programme d’IA :

« Écrivez une scène d’une pièce de théâtre mettant en scène un journaliste du New York Times et un entrepreneur de la Silicon Valley. Ils se disputent au sujet de la liberté d’expression, et chacun affirme avec passion le point de vue associé à sa profession et à son cercle social. »

Le sujet est important parce que la démocratie repose sur cette liberté, et qu’elle est en danger. Les pays totalitaires, la Chine, l’Iran, le Venezuela, Cuba, la Russie, l’Arabie saoudite, le Qatar et presque tous les pays musulmans la censurent, et les peuples s’en plaignent.

Voilà le résultat (avec mes commentaires entre les crochets)

Scène : Un café branché à San Francisco. Un journaliste du New York Times et un entrepreneur technologique de la Silicon Valley sont assis l’un en face de l’autre à une petite table, tous deux ayant l’air passionnés.

  • Journaliste : Ecoutez, je comprends que la liberté d’expression est importante pour vous et votre industrie [faux : la Silicon Valley ne tolère plus la liberté d’expression depuis que Trump, qu’ils détestent profondément, s’est fait élire en se servant de leurs outils. Avant cela, la répression avait déjà commencé sur Facebook et Google, et avait été largement documentée : des étudiants israéliens avaient créé 10 groupes Facebook pro-israéliens et 10 groupes pro-palestiniens, et avaient utilisé exactement les mêmes mots et les mêmes accusations en symétrie sur les deux groupes. Tous les groupes pro-israéliens avaient été fermés par Facebook. Aucun groupe pro-arabe n’avait été sanctionné]. Mais il y a une différence entre la liberté d’expression et les discours de haine [Non, il n’y en a aucune : la liberté d’expression est précisément faite pour protéger les discours intolérables, extrémistes et dégoûtants, pas pour protéger les propos consensuels]. Nous ne pouvons pas laisser les gens dire ce qu’ils veulent sans conséquences [Cette phrase est fondamentale, le Tech entrepreneur ne l’a pas relevée, et pourtant : les journalistes d’aujourd’hui se croient chargés de réguler la société, de protéger les gens, alors que rien dans leur métier ne correspond à cela, c’est une invention totale. Journaliste, cela consiste à rapporter des informations et les commenter, pas à faire le gendarme].
  • Tech Entrepreneur : Mais c’est exactement ce qu’est la liberté d’expression ! Le but est de permettre aux gens de s’exprimer sans crainte de représailles [Bien vu : en effet, si les gens ont peur – et ils ont peur des rétributions : procès en France, lynchage social aux Etats-Unis, ils se taisent, et la société se délite]. Nous ne pouvons pas commencer à censurer les discours, juste parce que nous n’aimons pas ce que quelqu’un a à dire [Sans se cacher derrière le petit doigt, c’est la gauche qui demande la censure, et jamais de personnes de gauche, dont ils tolèrent, parce qu’ils les excusent, les propos qu’ils dénoncent lorsqu’ils sortent de la bouche d’un conservateur].
  • Journaliste : Mais les discours de haine peuvent conduire [« peuvent conduire » : le journaliste veut censurer à cause de probabilités] à des dommages réels. Ils peuvent alimenter la violence et la discrimination. Nous avons la responsabilité de protéger les gens de ce genre de discours [Ben non, les journalistes n’ont absolument pas cette responsabilité. Ils s’en croient habités pour je ne sais quelle dégénérescence de leur pensée, mais c’est à la justice et à la police de protéger les gens. Eux, ils sont là pour informer].
  • Entrepreneur en technologie : Je suis d’accord pour dire que nous avons la responsabilité de protéger les gens [Erreur : vous n’avez pas cette responsabilité : personne ne vous en a chargé, personne ne vous a donné ce mandat, et personne ne vous a autorisé à protéger les gens contre leur gré, même si vous vous croyez supérieur à eux], mais la censure n’est pas la solution [Exact]. La réponse est de combattre les discours de haine par davantage de discours [Exact, c’est pour cela que l’Amérique est moins antisémite que la France et l’Europe, qui censurent bien plus]. Il faut laisser les gens s’exprimer contre ces discours et les exposer pour ce qu’ils sont [Exact encore. L’inverse, c’est considérer qu’on est supérieur aux gens, et qu’on doit les protéger contre eux-mêmes, et cela mène à la dictature sans limites].
  • Journaliste : Mais que faire si cela ne fait que donner une plate-forme à encore plus de haine ? [Le journaliste est encore dans les suppositions. Surtout, il considère comme allant de soi que l’incitation à la haine ne peut pas venir des médias, alors que nous voyons quotidiennement qu’ils en sont les principaux initiateurs. Exemple : ils sont la plate-forme de la haine en accusant constamment Israël de génocide, de colonisation, d’apartheid] Nous devons dessiner la ligne quelque part [Non, ce n’est pas à vous de dessiner la ligne, et vous auriez bien du mal à définir qui doit la dessiner : des gens de gauche ? C’est à la loi de définir la ligne, et elle est définie : la ligne, c’est l’incitation à tuer ou à faire violence à quelqu’un ou à un groupe, et des gens bien plus instruits, plus intelligents et plus proches de la protection du droit naturel y ont réfléchi mieux que vous, qui ne songez qu’à protéger votre monopole et votre capacité à diffuser votre propagande de gauche sans être contredit].
  • Entrepreneur technologique : La ligne est claire. Nous ne devrions limiter le discours que dans les cas où il incite directement à la violence [conformément à la constitution des Etats-Unis]. Tout le reste est une pente glissante qui pourrait conduire à la suppression de toutes sortes de discours légitimes [Exact : qui serait chargé de contrôler ? Big Tech et les grands médias de gauche comme aujourd’hui ? On voit que les conservateurs ont été systématiquement censurés, on voit que l’affaire de l’ordinateur de Hunter Biden a été censurée pour protéger Joe Biden, nous vivons la pente glissante, ce n’est pas un débat théorique.]
  • Journaliste : Je pense que nous allons devoir accepter d’être en désaccord sur ce point. Mais j’espère que vous pouvez voir mon point de vue et comprendre pourquoi je me sens si fort sur cette question [Votre point de vue, vous le cachez, vous n’êtes pas honnête. Si vous l’étiez, vous proposeriez que le contrôle soit exercé par des gens de gauche et des gens vraiment de droite, pas des mous, et vous demanderiez que les incitations à la haine dans les médias soient bien plus sanctionnées, et cela, ça vous révulserait]
  • Entrepreneur en technologie : Oui, et je respecte votre opinion. Mais j’espère que vous pouvez aussi comprendre pourquoi je tiens tellement à protéger la liberté d’expression. Il s’agit d’un droit fondamental qui est essentiel à une société libre et ouverte.

Conclusion

Je sais que la liberté d’expression est souvent comprise comme sa liberté d’expression, pas forcément celle de l’autre. Et je sais que peu comprennent que la liberté d’expression n’est pas là pour protéger les propos acceptables, mais ceux qui nous choquent et nous répugnent.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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