Publié par Guy Millière le 2 décembre 2022
La défaite totale de Poutine vient. La guerre sera bientôt finie

Les récents propos d’Emmanuel Macron évoquant sa volonté d’avoir une conversation avec Vladimir Poutine vont de pair avec les propos de la diplomatie française parlant de négociations, et plaçant parfois quasiment sur un pied d’égalité les “deux parties” au conflit.

D’autres propos circulent disant que des accords devront être trouvés tôt ou tard entre l’Ukraine et la Russie. A Washington hier, Biden a dit, en présence de Macron qu’il était prêt à parler avec Poutine. Ces divers propos sont ineptes, et ils sont dangereux. Ils sont ineptes parce qu’ils sont détachés de la réalité. Ils sont dangereux parce qu’en ne prenant pas en compte la réalité, ils font le jeu de l’agresseur.

Faut-il rappeler les faits ne fois de plus ? Il semble que la réponse est oui.

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Et oui : il n’y a pas “deux parties”. Il y a un agresseur, Vladimir Poutine, et il y a un agressé, l’Ukraine. L’agresseur pensait gagner rapidement, et a découvert très vite qu’il s’était lourdement trompé, tant sur l’état de son armée que sur le pays qu’il avait décidé d’agresser.

Son armée s’est révélée être une armée délabrée, rongée par le sous-développement et la corruption. Le pays qu’il avait décidé d’agresser s’est révélé, lui, imprégné de courage et de patriotisme, et présidé par un homme d’Etat admirable de détermination et d’opiniâtreté, Volodymyr Zelensky.

Tout, dès les premiers jours de la guerre, je l’ai écrit récemment, a montré que celle-ci était perdue par Poutine, et tout a montré que tout en ayant perdu, celui-ci allait s’acharner, car la défaite pour lui signifiait sa mort politique, voire sa mort tout courte. Et tout a montré que dans son acharnement, Poutine serait abject et monstrueux.

Il y a eu les crimes de guerre commis à Boutcha, Irpin, et dans d’autres banlieues de Kiev. Il y a eu la destruction totale de la ville de Marioupol, 430.000 habitants, et celle de nombreux villages. Il y a eu les déportations de populations civiles, les salles de torture, les exécutions sommaires, les viols collectifs. Il y a eu tout ce qui fait que les crimes de guerre sont devenus si nombreux qu’ils constituent un crime contre l’humanité et que les actions contre la population ukrainienne relèvent d’une volonté de génocide.

Il y a la situation présente. L’armée russe est largement détruite. Elle est en voie d’effondrement. Elle a perdu plus de 80.000 hommes en neuf mois, chiffre absolument énorme. Elle utilise maintenant des hommes enrôlés de force qui servent de chair à canon et qu’on envoie au front sans armes ou avec des armes rouillées qui ne fonctionnent pas. Les missiles dont elle disposait s’épuisent et Poutine doit en acheter en Iran et en Corée du Nord. Les équipements les plus élémentaires manquent, et les soldats russes n’ont pas de vêtements d’hiver, pas de chaussures et des rations alimentaires avariées. Ils doivent souvent dormir à même le sol. L’acharnement de Poutine fait qu’il utilise beaucoup de chair à canon, et qu’il utilise aussi les missiles dont il dispose encore pour détruire les installations énergétiques ukrainiennes et tenter de priver les Ukrainiens d’électricité et d’eau. Tôt ou tard, l’armée russe s’effondrera complètement.

L’armée ukrainienne a subi de lourdes pertes aussi, mais elle est mieux équipée, mieux armée, et ne manque pas de moyens d’affronter l’hiver. Elle est sur la voie de la victoire. Elle a libéré la moitié des territoires occupés par la Russie. Il lui reste à libérer l’autre moitié.

Poutine voudrait des négociations et un arrêt provisoire des combats, aux fins d’en profiter pour tenter de se réarmer, ce qu’il ne pourra pas vraiment faire : les usines d’armement russes manquent d’éléments indispensables que la Russie ne peut se procurer en raison des sanctions occidentales (oui, les sanctions sont efficaces !).

Parler de négociations est faire le jeu de Poutine.

L’Ukraine ne veut pas de négociations. Elle veut les armes nécessaires à une victoire plus rapide. Elle ne les a, hélas, pas toutes pour le moment, et l’administration Biden continue à ne pas fournir de chars et d’Himars en plus grand nombre à l’armée ukrainienne, ce qui est cruel, pusillanime et scandaleux.

L’issue dans les conditions présentes est non pas des négociations et un accord de paix avec Poutine, mais la défaite totale de Poutine, qui doit être considérée comme un impératif, et qui est en chemin.

Aucun accord de paix avec Poutine n’est possible.

D’une part, parce que le seul accord que Poutine pourrait accepter serait un accord qui impliquerait des concessions ukrainiennes, et l’Ukraine, à juste titre, n’acceptera aucune concession. Le peuple ukrainien a trop souffert. Volodymyr Zelensky sait qu’accepter des concessions serait trahir son peuple.

D’autre part, Poutine est désormais un criminel contre l’humanité, et aucun accord n’est moralement envisageable avec un criminel contre l’humanité. Passer un accord avec un criminel contre l’humanité créerait un précédent cataclysmique et très lourd de conséquences. Que certains songent à un accord avec un criminel contre l’humanité montre l’existence chez eux d’un aveuglement et d’une amoralité qui donnent le vertige. Laisser Poutine gagner quoi que ce soit, au vu des crimes commis, serait encourager la barbarie, créer une déstabilisation mondiale, et en aucun cas obtenir la paix, et quiconque le proposerait parmi les dirigeants occidentaux en place serait immédiatement rabroué.

Aucun dirigeant occidental n’a même à parler à Poutine : on ne parle pas à un dictateur criminel.

La défaite totale de Poutine vient, trop lentement, hélas. Et la lenteur fait que les victimes s’ajoutent aux victimes et les dégâts aux dégâts. La guerre sera néanmoins bientôt finie.

Poutine n’a plus que deux alliés, l’Iran des mollahs et la Corée du Nord. La Chine se dissocie de lui de manière de plus en plus nette : il est pour elle désormais un allié embarrassant dont elle voudrait se débarrasser. Les dirigeants des pays des anciennes républiques soviétiques qui viennent de se réunir à Erevan en Arménie ont dit ouvertement qu’il fallait mettre fin à la guerre, car ils voient que la Russie elle-même est au bord d’un écroulement dont ils pourraient subir les retombées. Le dictateur du Belarus a ouvertement exprimé sa crainte que tout soit perdu, et tout est effectivement presque perdu.

Poutine veut compter sur les souffrances qu’il continue à infliger au peuple ukrainien, et il est prêt à faire encore des dizaines de milliers de morts en Ukraine, voire davantage. Le peuple ukrainien, malgré les souffrances, ne cédera pas.

Poutine veut compter aussi sur des fléchissements dans le monde occidental : malgré des signes de fléchissement ici ou là, le monde occidental dans son ensemble ne fléchit pas. En France, une extrême droite néo-pétainiste façon Marine Le Pen dit vouloir éviter les souffrances aux Ukrainiens en désarmant l’armée ukrainienne et en abandonnant l’Ukraine à Poutine, mais ce discours a peu d’adeptes. La droite paléo-conservatrice pro-poutinienne aux Etats-Unis est elle-même très minoritaire, et certains de ses membres prédisent la victoire de Poutine par massacre intégral des Ukrainiens. Une très large part du peuple américain a des valeurs éthiques et ce discours a peu de succès aux Etats-Unis où la majorité de la population sait que permettre à Poutine d’arracher une victoire des mâchoires de la défaite qui le guette serait un feu vert donné à d’autres dictateurs criminels : Ali Khamenei, Xi Jinping.

Le général Ben Hodges, ancien commandant des forces américaines en Europe, le général Jack Keane, ancien vice-chef d’état-major de l’armée américaine, président de l’Institute for the Study of War, et le général David Petraeus, ancien commandant de la Force internationale d’assistance et de sécurité en Irak et ancien directeur de la CIA, s’attendent à une offensive majeure de l’armée ukrainienne courant Janvier, et pensent que ce sera une offensive décisive. Ils sont très bien informés et connaissent la situation sur le terrain. Selon eux, la guerre durera jusqu’au printemps mais pas davantage.

Deux issues sont envisageables. Soit un chaos qui gagnera graduellement la Russie (d’ores et déjà des ordres donnés depuis Moscou ne sont pas respectés dans certaines républiques). Soit un coup d’Etat au Kremlin, et le remplacement de Poutine par quelqu’un qui, n’ayant pas déclenché la guerre, pourra reconnaitre la défaite et tenter de préserver la Russie. Ce quelqu’un arrêtera la guerre et ne pourra la reprendre, car il n’aura pas de moyens militaires, ou très peu, et sera à la tête d’un pays ruiné et en voie de soumission à la Chine.

Ce quelqu’un ne sera pas un démocrate : les Russes aspirant à la démocratie sont morts, en exil ou en prison. Il sera vraisemblablement issu des factions criminelles qui tiennent le pays aujourd’hui. Il ne sera pas ouvert à l’Occident : le discours définissant l’Occident comme l’ennemi absolu est hégémonique en Russie et le restera. Une large partie de la population russe a le cerveau imprégné d’une propagande haineuse et paranoïaque envers l’Occident décrivant celui-ci comme satanique, et comme voulant détruire la Russie. Les Russes qui sont imperméables à la propagande ont, pour nombre d’entre eux, quitté le pays, et Poutine a fait partir de Russie des centaines de milliers de Russes très qualifiés. C’est le plus grand exode de population russe depuis le coup d’Etat mené par Lénine en octobre 1917 et depuis la guerre civile qui a suivi et a vu le départ de Russie de ceux qui furent appelés à l’époque les Russes blancs. 

Par mégalomanie aveugle et par esprit criminel, Poutine aura fait sortir la Russie de l’histoire. Il se sera rêvé Pierre le Grand, ou Staline. Il finira dans la déchéance. Il aura achevé sa sordide carrière en ayant ravagé un pays dont il aura nié jusqu’à la tentative d’extermination le droit d’exister (il faut entendre les discours aux accents génocidaires de la propagande télévisuelle russe aux ordres de Poutine !), et son propre pays.

Il aura obtenu sur tous les plans l’inverse de ce qu’il voulait.

L’Ukraine, malgré les ignominies qu’elle subit, entend plus que jamais se rattacher à l’Occident, et le peuple ukrainien est désormais empli d’une aversion envers la Russie qui sera là pendant des générations. L’Ukraine se rattachera à l’Occident et fera partie de l’OTAN. Reconstruire l’Ukraine prendra du temps et coûtera des centaines de milliards de dollars, mais cela se fera. Le peuple ukrainien devra panser ses plaies et se reconstruire.

La Russie sera un pays paria pendant très longtemps, et ne sera plus qu’une puissance déchue. Des exigences de paiement pour les destructions en Ukraine lui seront présentées, et si elles ne sont pas honorées, la Russie restera sous sanction. Des responsables des crimes commis en Ukraine seront juges, par contumace.

L’Europe occidentale sera appauvrie, diminuée, en raison des erreurs tragiques de ses dirigeants, qui ont imaginé pouvoir se passer de forces armées (aucun pays d’Europe n’a une armée crédible), ont cédé aux lubies écologistes (qui coûtent très cher à l’Europe et vont lui coûter plus cher encore), et n’ont pas compris pendant trop longtemps que la Russie était un ennemi, et que dépendre énergétiquement d’un ennemi était se placer dans une dépendance délétère. L’OTAN sera plus que jamais la structure de défense du monde occidental, et comptera de nouveaux membres, Suède, Finlande, Ukraine. Il n’y aura pas de “défense européenne” : tous les pays européens, sauf la France, achètent des armes américaines.

Les Etats-Unis resteront la première puissance économique, géopolitique et militaire du monde. Si les Démocrates continuent à ravager le pays, cela ne durera pas, et la Chine prendra l’ascendant. Si Trump revient, ce sera très différent. J’y reviendrai. Pour l’heure, nombre de Républicains font tout, volontairement pour certains, involontairement pour d’autres, pour que les Démocrates restent au pouvoir, et c’est consternant.

© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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