Publié par Michèle Mazel le 20 janvier 2023
De la démocratie en Israël

Décidemment il se passe de drôles de choses en Israël.

Tenez, il y a quelques jours, un prisonnier modèle a été remis en liberté après avoir purgé une peine de 42 ans de prison au cours desquelles il avait poursuivi son parcours universitaire et avait obtenu sa maîtrise en sciences politiques et relations internationales. Il est retourné dans sa ville natale – non loin de la ville côtière de Haïfa – où un accueil triomphal l’attendait – feux d’artifice, banderoles – et floraison de drapeaux.

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Seulement …ce n’était pas le drapeau bleu et blanc frappé de l’étoile de David qui flottait sur la parade mais celui de l’Organisation de Libération de la Palestine devenu l’emblème de l’Autorité palestinienne.

C’est que la personne qui venait de retrouver la liberté était bien un citoyen israélien, mais arabe, et que c’était pour avoir assassiné de sang-froid un soldat israélien qu’il s’était retrouvé derrière les barreaux.

Sans doute trop occupé par ses études – financées par les autorités de Ramallah qui lui assuraient une rente coquette – il n’avait pas exprimé le moindre repentir et c’est le sourire au lèvres qu’il a affirmé à son retour vouloir « continuer la lutte » pour la libération de la Palestine.

Arrêtez-vous un instant et essayez d’imaginer la situation et la scène au Caire, à Damas ou à Ryad.

Impossible bien sûr.

L’assassin aurait été exécuté sur le champ ou après un jugement sommaire.

Venons-en maintenant à la manifestation monstre de samedi dernier qui a réuni cent mille personnes qui protestaient contre la réforme du système judiciaire initiée par le nouveau gouvernement.

L’important dispositif policier sur place s’est révélé superflu.

Il n’y a pas eu de débordements, les manifestants se sont dispersés dans le calme. La police n’est pas intervenue. Il n’y a eu ni incidents ni arrestation.  

Au Caire, on l’a vu il n’y a pas si longtemps, une manifestation populaire a été noyée dans le sang.

A Téhéran, une répression sauvage s’abat sur les jeunes et les moins jeunes qui réclament un peu plus de liberté.

Venons-en maintenant au coup de théâtre de mercredi soir.

La Cour suprême d’Israël a ordonné au chef du gouvernement israélien Binyamin Netanyahu de démettre de ses fonctions Arieh Déri, le puissant ministre de l’Intérieur et de la Santé, chef de file de l’influent parti Shass.

Comme l’écrit le Monde (avec une certaine stupéfaction ?) « A une majorité écrasante, dix juges sur onze affirment que sa condamnation en justice pour fraude fiscale, en 2021, et sa promesse non tenue de se retirer de la vie politique placent sa nomination « en grave contradiction avec les principes fondamentaux de l’Etat de droit ».

Sans le parti Shass, la coalition au pouvoir s’effondrerait.

Pourtant Netanyahu et Déri ont affirmé qu’ils respecteraient la décision de la Cour Suprême tout en cherchant une solution à la grave crise politique ouverte.

C’est le moment de rappeler que pour les ennemis de l’Etat juif, et ils n’en manquent hélas pas, sa prétention à être la seule démocratie au Moyen-Orient n’est qu’une sinistre moquerie et il n’est en rien différent des dictatures de la région.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Michèle Mazel pour Dreuz.info.

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