Publié par Jean-Patrick Grumberg le 18 janvier 2023
Où l’on reparle des antivax et des provax

Je constate que les idées réductrices ont le vent en poupe. C’est une excellente chose : cela donne du grain à moudre.

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Une de nos fidèles lectrices me dit dans un commentaire : « Je crois qu’il faut éviter de tomber dans le manichéisme (je ne parle pas de vous, bien sûr) et diviser l’humanité en deux camps : provax et antivax. »

Je suis tenté de répondre : oui et non.

1 Non, car les provax et les antivax, ils existent, et si l’on veut parler d’eux, il me semble obligatoire d’appeler un chat par son nom. Certes, il existe une nuance : les antivax ne sont pas tous universellement antivax. Mais la nuance ne tient pas, c’est une échappatoire. En effet, la polémique est dans l’actualité depuis le vaccin Covid. Avant, elle était cantonnée aux médias spécialisés. C’est donc bien autour de ce vaccin que l’on parle récemment des antivax. Certaines personnes, à qui j’ai quelques fois demandé de fournir leurs arguments, pour me rendre compte qu’elles en sont incapables (l’offre tient toujours, j’aime apprendre et j’ai l’esprit très ouvert), disent qu’il ne s’agit pas d’un vaccin, mais d’une « injection », d’un « poison ».

2 Oui, car la division du monde en deux catégories, les provax et les antivax, est fausse. Elle est adoptée par des personnes qui ne sont pas intéressées à prendre du temps pour réfléchir sur le sujet. Il convient en effet, comme mise en bouche, d’ajouter la (petite) catégorie des gens comme moi : les pro-choix. Ensuite, il faut ajouter les « sans opinion », les hésitants. Enfin, les barrières ne sont pas rigides. A la division verticale provax/antivax, il est obligatoire d’ajouter une division horizontale : des gens changent d’avis, plusieurs fois pour certains, dans un sens ou dans l’autre, au cours du temps. Eux n’entrent pas dans une catégorie.

Et aussi : dans quelle petite boîte ranger les gens antivax pour eux et provax pour leurs proches ? Provax pour eux et antivax pour leurs enfants ?

3 Parmi les antivax – ça se complique – il existe au moins trois catégories. J’ai nommé : les tolérants, les religieux et les combattants. Les uns sont une secte. Intolérants, extrémistes, ils obligent à penser comme eux sous peine d’être excommunié de la haute classe des élites qu’ils forment, pour tomber dans celle peu enviable, qu’ils ont créée : nous sommes des VRP de Pfizer (pas du vaccin chinois) ; des corrompus enrichis en achetant des actions BigPharm ; des personnes incapables de penser par elles-mêmes ; sous influence de la propagande médiatique ; du menu fretin misérable. Enfin il y a la très grosse sous-catégorie « je sais tout » – qui ne savent rien. Non, ils ne savent rien. Pire, ils ne savent strictement rien. Ils ne connaissent pas le petit bout du petit bout du début du sujet dont ils affirment avoir des connaissances, voire l’expertise. Au point que je ne peux faire l’économie de parler d’eux.

« Je sais tout »

Parmi les antivax – et je les respecte tous, je l’ai dit, je suis pro-choix – il y a ceux qui ne veulent pas du vaccin Covid parce qu’ils n’ont pas confiance. Ils se méfient, ils ont peur, ils pensent ne pas en avoir besoin, ils considèrent le virus comme relativement basique, pas pire qu’une grippe.

Parmi eux, certains éprouvent le besoin de se justifier. Comme si on le leur demandait, comme s’ils se sentaient une obligation intellectuelle, comme s’ils ne s’autorisaient pas à avoir une simple, saine et légitime peur. Non, il faut qu’ils intellectualisent.

Ceux-là veulent justifier leur rejet, leur peur, par la « science ». Et là, patatras : ne sachant pas de quoi ils parlent (ils n’ont aucune connaissance, aucune notion, aucune formation, aucune expertise), ils se sont mis à regarder des vidéos, à lire des articles, et ils répètent les propos de médecins, de spécialistes de diverses professions médicales, de chercheurs, qui s’expriment contre le vaccin.

Je respecte leur façon de voir. Je les aime même : ils sont fragiles.

Ils ne se sentent pas assez sûrs d’eux pour affirmer que leur rejet, leur peur, est légitime et suffisante. Alors ils se trouvent des guides et des gourous. Ils ne comprennent pas ce qu’ils disent (comment le pourraient-ils ?), et répètent comme des perroquets des mots qu’ils ne maitrisent pas, dont ils ne connaissent pas le sens. Je les aime, je vous aime oui, même lorsque vous vous effondrez quand je vous demande de m’expliquer ce que vous dites.

PS mention spéciale pour une catégorie de provax : les dirigeants des pays qui ont forcé en bloc leur population à se faire vacciner, sans nuance ni respect pour la liberté individuelle. Ceux-là, parce qu’ils ont à la fois le pouvoir et qu’ils sont bêtes, je les aime beaucoup moins.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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