Publié par Jean-Patrick Grumberg le 7 avril 2023

“Le député Jim Jordan (Républicain de l’Ohio) fait de son mieux pour saper le dossier”, accuse le procureur de Manhattan Alvin Bragg, dont le dossier contre Donald Trump se heurte à un mur de scepticisme, notamment de la part d’experts juridiques de gauche, et même des détracteurs Républicains de Donald Trump.

Le président de la commission judiciaire de la Chambre des représentants, Jim Jordan a délivré mercredi une citation à comparaître à l’ancien procureur adjoint spécial du comté de New York, Mark Pomerantz, pour qu’il témoigne de sa démission du bureau d’Alvin Bragg.

Le départ de M. Pomerantz du bureau du procureur a été motivé par des désaccords concernant sa conviction que M. Bragg n’engageait pas assez rapidement des poursuites à l’encontre de M. Trump. Dans sa lettre à M. Pomerantz, M. Jordan a écrit qu'”en tant qu’assistant spécial du procureur, vous semblez, pour des raisons sans rapport avec les faits de cette enquête en particulier, avoir cherché n’importe quelle raison possible pour engager des poursuites pénales” contre Donald Trump.

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M. Bragg a répondu à la citation à comparaître en reprochant à M. Jordan de s’immiscer dans l’enquête menée par un législateur fédéral au niveau de l’État.

“La chambre GOP continue d’essayer de saper une enquête active et une affaire criminelle en cours à New York avec une campagne sans précédent de harcèlement et d’intimidation”, a-t-il écrit. “Les efforts répétés pour affaiblir les actions des forces de l’ordre au niveau local et de l’État constituent un abus de pouvoir et ne nous dissuaderont pas de faire respecter la loi.

Ces élus serviraient mieux leurs électeurs et le pays, et rempliraient mieux leur serment d’office en faisant leur travail au Congrès et en ne s’immisçant pas dans la souveraineté de l’État de New York”, a ajouté M. Bragg.

Par ailleurs, l’ancien président Donald Trump a accusé lundi Alvin Bragg d’avoir laissé illégalement fuiter les détails des charges qui pèsent sur lui.

“Je connais le journaliste et malheureusement, lui aussi”, a écrit M. Trump sur Truth Social. “Cela signifie qu’il doit être immédiatement inculpé. Maintenant, s’il veut vraiment nettoyer sa réputation, il fera ce qui est honorable et, en tant que procureur, il s’inculpera lui-même. Il entrera dans l’histoire judiciaire, et sa femme qui déteste Trump sera, j’en suis sûr, très fière de lui !”

Le message de M. Trump fait suite à la publication des détails de l’acte d’accusation par le journaliste de Yahoo News Michael Isikoff, qui n’a évidemment pas identifié sa source, et qui ne sera évidemment pas inculpé : les Démocrates se protègent, c’est une caste corrompue qui s’est placée au-dessus des lois.

Des experts Démocrates et des Républicains anti-Trump sceptiques

“Je pense que le caractère et la conduite du président Trump le rendent inapte à exercer ses fonctions. Malgré cela, je pense que le procureur de New York s’est démené pour atteindre des accusations criminelles afin de répondre à un agenda politique”, a déclaré le sénateur Mitt Romney, un des plus virulents opposés à Donald Trump.

“Il faut travailler dur pour faire du président Trump un martyr”, a dit la députée Républicaine Nancy Mace, une autre législatrice qui a critiqué M. Trump. “Félicitations au procureur de Manhattan, Alvin Bragg, qui a réussi à faire exactement cela”.

  • Richard Hasen, expert en droit du financement des campagnes électorales à l’UCLA :

“Dans cette histoire, il est très facile de voir cette affaire rejetée pour insuffisance juridique ou bloquée dans les tribunaux bien au-delà de l’élection de 2024 avant qu’elle ne soit jamais jugée. Ce sera un cirque qui enhardira Trump, surtout s’il s’en sort”.

Même Ian Millhiser, un homme de gauche et commentateur juridique de Vox, a qualifié de “douteuse” la théorie juridique sur laquelle repose l’affaire Bragg.

Le commissaire de la FEC rappelle à Bragg que les fonctionnaires ont conclu que l’affaire Trump n’était pas une “violation du financement de la campagne”

James E. “Trey” Trainor un membre important de la Commission électorale fédérale, a déclaré qu’il serait difficile pour un juge ou un jury de parvenir à une conclusion différente, puisque c’est la FEC et le DOJ qui poursuivent les lois fédérales sur le financement des campagnes électorales. Il l’a réitéré dans un tweet de mardi qui montrait la salle d’audience de la FEC, et il a écrit : “C’est ici que les violations du financement des campagnes sont jugées”.

“Je ne sais pas comment [Bragg] va contourner la preuve que le ministère de la Justice, dans son enquête sur les questions de financement des campagnes fédérales, et la Commission électorale fédérale, dans sa juridiction ultime sur les questions de financement des campagnes, n’ont trouvé aucune violation, et je pense que le jury va s’en rendre compte, et qu’il va devoir s’appuyer sur le fait que les experts en application de la loi et les experts en application civile, en ce qui concerne le financement des campagnes, n’ont trouvé aucune violation de la loi”, a déclaré M. Trainor.

Il ne s’agit pas d’une violation des règles de financement des campagnes électorales. Il ne s’agit pas non plus d’une quelconque violation en matière de déclaration”, a déclaré James E. “Trey” Trainor, commissaire de la FEC.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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