Publié par Sidney Touati le 27 novembre 2023

Initialement publié le 4 février 2018 @ 14:55


Lorsque l’on examine la position de l’Europe et celle de la France vis-à-vis du conflit qui déchire le Moyen-Orient depuis des décennies, on est devant une énigme.

Comment et pourquoi les dirigeants européens ont-ils, dans leur ensemble, adopté une attitude si ouvertement anti-israélienne et si partialement pro-palestinienne, pro-arabe, pro-islam avec toutes les conséquences dramatiques que cette politique a pu entraîner, pour les Européens (terrorisme islamique sous toutes ses formes), pour les Juifs, Israël et ses habitants, mais également pour le monde arabo-musulman ? Car, à ne prendre en compte que les faits, force est de constater que les dirigeants arabo-musulmans ont pris appui sur la politique de la France, puis sur celle de l’Europe, pour conforter leur délire et leur haine antisémites et conduire ainsi leur peuple à la ruine et au chaos actuels.

Le soutien à la «cause palestinienne» est, dès l’origine, suspect pour ne pas dire incompréhensible.

Comment des gens qui détournent des avions, mettent des bombes dans les écoles, les autobus, assassinent des enfants, prêchent ouvertement la haine des Juifs… comment de tels gens ont-ils pu obtenir l’aval des démocraties occidentales ?

L’intérêt pétrolier et autre ne peut suffire à expliquer un tel paradoxe. Pompidou écarte très simplement et très clairement cette hypothèse : «Notre politique au Proche-Orient est très mal comprise. On y a vu un aspect purement commercial, c’est absurde ! La politique française à l’égard du Proche-Orient a été décidée en 1967 par le Général de Gaulle qui ne fondait pas sa politique sur les impératifs économiques…» Et Georges Pompidou d’enfoncer le clou : «S’il ne s’était agi que de gagner de l’argent, notamment par les ventes d’armes, il n’y aurait pas eu de meilleur client qu’Israël, qui était disposé, non seulement à nous acheter tout ce que nous voulions, mais à participer au financement des travaux de recherche.»

Les Etats dit-on, n’ont que des «intérêts». De l’aveu même de Georges Pompidou, ce principe ne s’applique pas à la politique suivie par la France vis-à-vis d’Israël.
Alors, naturellement, la question se pose : si ce n’est l’intérêt, qu’est-ce qui motive cette politique ?

Devenez “lecteur premium”, pour avoir accès à une navigation sans publicité, et nous soutenir financièrement pour continuer de défendre vos idées !

En tant que lecteur premium, vous pouvez également participer à la discussion et publier des commentaires.

Montant libre







Pour quels motifs Georges Pompidou sacrifie-t-il et les intérêts d’Israël et ceux de la France ?

«C’est que nous pensions que l’attitude d’Israël ne menait à rien. Il peut gagner une fois, cinq fois, dix fois, mais un jour il viendra un moment où la masse finalement aura raison… dans vingt ans vous vous condamnez au suicide.»

Que Pompidou ait cru en la fable d’une invincibilité des masses arabes associées au bloc soviétique, soit. Il était sous le coup de la terrible défaite de la France en Algérie. Il ne pouvait admettre qu’un pays puissant comme la France ait capitulé honteusement face à une formation terroriste (le FLN) soutenue par le monde arabe, notamment par Le Caire et son dictateur Nasser et qu’un minuscule pays comme Israël résiste victorieusement à une coalition de tous les pays arabes soutenue massivement par le bloc soviétique et l’opinion publique internationale.

Il y avait sans doute une autre raison à ce choix. De Gaulle s’était mis en tête de restaurer la grandeur passée de la France. A la domination coloniale il a cru pouvoir substituer une nouvelle forme de domination que l’on avait jadis qualifiée de néocoloniale. La France espérait se grandir en s’entourant d’une cohorte de dictateurs dont elle fit ses vassaux. Elle pensait régner. Elle ne faisait que participer à une monstrueuse machine de domination des peuples dont le moteur était la corruption, le mensonge, le crime. Elle a au demeurant, largement contribué, par sa démagogie et son double langage, la pratique du «deux poids deux mesures», au marasme dans lequel sont plongés de nombreux pays africains.

L’intérêt bien compris de la Nation et des peuples était ainsi sacrifié sur l’autel d’un affairisme débridé. Loin de sortir grandie, la France n’a cessé de se rabaisser. Face à ce terrible naufrage à la fois moral et politique, pour se donner l’illusion qu’elle se battait toujours pour une noble cause, ne restait que le radeau du «pauvre peuple palestinien» se battant pour sa liberté.

La France s’est amarrée de toutes ses forces à ce qui allait se révéler n’être finalement qu’une planche pourrie ; donnant réalité à l’invention de la propagande soviétique destinée à asseoir leur domination sur le monde arabe.

Mais aujourd’hui qu’il est évident que ces croyances se sont avérées être totalement fausses, que l’URSS s’est effondrée, que le monde arabe est en ruines, pourquoi persister à appliquer, comme s’il s’était agi d’un véritable dogme religieux, la doctrine définie par le Général de Gaulle en 1967 ?

Pourquoi la France ne change-t-elle pas de politique dès lors que le contexte dans lequel de Gaulle l’avait mise en œuvre est totalement différent ?

Pourquoi persister à soutenir l’OLP, une organisation corrompue, totalitaire et criminelle qui maintient, de génération en génération, en dépit des milliards versés, le peuple dans la misère, la mendicité, la haine ?

La force d’inertie

Il semblerait, pour expliquer l’inexplicable, qu’il existe dans la nature comme dans le monde politique, une force d’inertie. Par application de ce principe, des politiques obsolètes continuent à être appliquées mécaniquement par les différents gouvernements qui se succèdent.

L’exemple le plus pathétique de cette inertie politique est fourni par le clan Pétain-Laval qui continua à appliquer la politique de collaboration avec l’Allemagne nazie, alors que tout un chacun savait que cette dernière allait perdre la guerre. «Les Miliciens, la Gestapo, la Wehrmacht redoublent d’activité. Le 23 avril 1944, le maréchal Pétain dit aux Français : «Quiconque parmi vous, fonctionnaires, militaires, simples citoyens participe aux groupes de Résistance compromet l’avenir du pays.»(Pierre Seghers, La Résistance et ses poètes, p.323)

Pour qu’il y ait un virage politique, il faut qu’il y ait une volonté nouvelle, des hommes nouveaux. Or, la France est marquée par une terrible continuité au niveau de sa politique internationale. Depuis 1967, cette dernière n’a quasiment pas bougé. L’alternance «droite-gauche» n’y a rien changé.

Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande… tous, animés par la meilleure volonté du monde, finissent par répéter le même scénario.

Le cas Mitterrand est exemplaire. Sitôt élu, il affirme qu’il veut faire son premier voyage en Israël– où aucun président français ne s’est jamais rendu. Il écrit une lettre à Begin qu’il n’enverra jamais. Puis, très vite, en quelques jours à peine (le 7 juin 1981 !) il change d’idée– virage à 180° : «C’est maintenant décidé : après l’affaire de Tamouz, François Mitterrand fera son premier voyage à l’étranger en Arabie Saoudite.»(Voir Jacques Attali, Verbatim, I) et à la fin de son mandat, éclaboussé par son passé vichyste, il finira par se brouiller avec Israël. Chirac ajoutera à l’allégeance systématique au monde arabe, la haine et le mépris de l’Occident : «Selon Billaud, Chirac confie alors «vomir la civilisation romaine… ici ne se trouvent sûrement pas nos racines et c’est une imposture de prétendre que nous sommes issus de Rome et d’Athènes.» (E. Aeschimann, C. Boltanski, Chirac d’Arabie, Grasset, p.33) Le clash qu’il provoque lors de sa visite de Jérusalem-Est sera vécu par les dirigeants israéliens, comme le signe d’un mépris profond à l’égard d’Israël. «Nulle part ailleurs, il ne se serait permis un tel écart.» (id. p.220)

Au fond, il y a peu, très peu d’hommes politiques. La plupart ne sont que des «apparatchiks» mus par l’ambition. Ils accompagnent le mouvement sans jamais oser le contrarier de peur de mettre en cause leur situation et celle de leur clan. Charles Pasqua disait dans son habituel langage imagé : «on met trente ans à monter et cinq minutes à descendre». La crainte de la chute supprime en eux tout souci d’authenticité et les enferme dans un cycle de reniement permanent.

Vis-à-vis du Moyen-Orient, tous s’accrochent à l’ancien. Tous reproduisent comme des automates, ce qui n’a plus de sens. Ils dirigent le pays comme des fonctionnaires dirigent leur service. D’ailleurs, ne sont-ils pas pour l’essentiel, issus des mêmes «grandes écoles», l’ENA en particulier ? Leur toute puissance se résume à faire des lois et des règlements par milliers, à recruter des fonctionnaires, à augmenter sans cesse les prélèvements, impôts, taxes… Par l’illusion que confère le pouvoir de légiférer et de sanctionner la société civile, ils ont l’impression de régner. Plus le monde leur échappe, plus ils s’acharnent à détruire le peuple qu’ils tiennent dans leurs serres. Les vraies démocraties les effraient. Pour justifier leur inertie, ils se forgent une représentation délirante dans laquelle, je caricature à peine, Trump et Netanyahou sont les méchants et Mahmoud Abbas, le gentil.

Le «Tiers-Monde» dont la France espérait prendre la tête s’est écroulé et de nombreux signes montrent que cette dernière est entraînée dans la chute.

Les masses innombrables fuyant leurs pays dévastés se retournent vers les ex-puissances tutélaires. Ils sont des centaines de millions à frapper à la porte de l’Europe. Que vont faire nos «apparatchiks» amis du monde arabe et de tous les pauvres de la planète, face à ce désastre annoncé ? Continuer… surtout ne rien changer ! Comme le dit André Santini, continuer à foncer droit dans le mur, mais prendre la précaution de klaxonner !

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Sidney Touati pour Dreuz.info.

Inscrivez-vous gratuitement pour recevoir chaque jour notre newsletter dans votre boîte de réception

Si vous êtes chez Orange, Wanadoo, Free etc, ils bloquent notre newsletter. Prenez un compte chez Protonmail, qui protège votre anonymat

Dreuz ne spam pas ! Votre adresse email n'est ni vendue, louée ou confiée à quiconque. L'inscription est gratuite et ouverte à tous

Vérifiez votre boite de réception ou votre répertoire d’indésirables pour confirmer votre abonnement.

En savoir plus sur Dreuz.info

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Continue reading

Quitter la version mobile