Publié par Ftouh Souhail le 16 décembre 2023

Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, n’est bon à rien. La présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Mirjana Spoljaric Egger, est impuissante face au Hamas.

Les représentants des familles des Israéliens retenus en otages à Gaza ont rencontré le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à New York cette semaine. Durant la réunion, qui a été tendue, des familles ont fait pression sur le chef de l’ONU pour qu’il fasse bien plus pour assurer le retour des personnes enlevées, le critiquant pour ses commentaires considérés comme justifiant les attaques du Hamas du 7 octobre, et pour le fait qu’il ne se soit pas rendu en Israël depuis le début de la guerre.

Guterres a affirmé qu’il avait fait des démarches mais qu’il n’avait pas reçu de réponse du gouvernement israélien. Le Hamas n’a donné aucune information sur l’état de santé des otages, et n’a pas autorisé la Croix-Rouge à leur rendre visite.

Ye’ela David, dont le frère Eviatar est détenu à Gaza, a déclaré à Guterres :

«Que vous vouliez la paix c’est bien, mais vous ne pouvez pas dire ces choses qui justifient le massacre… Regardez-moi dans les yeux. Vous devez venir dans les kibboutz et sur le lieu de la fête [Supernova], visiter Israël et voir ce que nos proches ont enduré. C’est cela qui fait un vrai leader.»

Guterres a dit aux familles israéliennes qu’il exprimait sa «pleine solidarité» avec elles, qualifiant leur enlèvement de «crime terrible», mais a déclaré qu’il n’avait malheureusement pas le pouvoir de rendre leurs proches.

«J’aimerais en avoir ce pouvoir», a-t-il déclaré dans des commentaires traduits en hébreu et qui ont fait l’objet de fuites. «Si j’avais ce pouvoir, je vous assure que la première chose que je ferais serait de les ramener chez eux, parce que c’est un crime terrible qui a un impact durable».

Il a déclaré qu’il mettait néanmoins tout en œuvre, avec ses moyens, pour obtenir leur libération, et que cela devait se faire le plus rapidement possible.

Appel au cessez-le-feu, pour le bénéfice de qui ?

Guterres a appelé à plusieurs reprises à un cessez-le-feu, conduisant l’ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU à le critiquer et à appeler à sa démission.

En début de semaine, le ministre des Affaires étrangères Eli Cohen a accusé Guterres de soutenir le Hamas, a appelé à sa démission et a déclaré que son mandat à la tête de l’ONU était «un danger pour la paix mondiale», dans une réaction furieuse à une lettre que Guterres a écrite pour faire pression en faveur d’un cessez-le-feu immédiat dans la guerre entre Israël et le Hamas, et à son invocation d’une clause rare de la charte de l’ONU pour demander l’intervention du Conseil de sécurité.

Cohen a déclaré que l’appel de Guterres à un cessez-le-feu dans la guerre de deux mois à Gaza «constitue un soutien apporté à l’organisation terroriste du Hamas et une approbation du massacre de personnes âgées, de l’enlèvement de bébés et du viol».

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies le 24 octobre dernier, Guterres a déclaré qu’il était «important de reconnaître que les attaques du Hamas ne se produisaient pas dans le vide».

  • Erdan avait alors qualifié les propos de Guterres de «choquants» et l’avait appelé à «démissionner immédiatement».
  • Cohen avait annulé une réunion avec Guterres en réponse, et
  • le ministre du cabinet de la guerre, Benny Gantz, avait traité le chef de l’ONU «d’apologiste du terrorisme».

La présidente du CICR reconnaît qu’elle ne peut rien faire contre le Hamas

Impuissant et nuisible, Antonio Guterres l’est tout autant que sa subordonnée de la Croix-Rouge.

La présidente du CICR, Mirjana Spoljaric Egger, en visite en Israël ce vendredi 15 décembre 2023, reconnaît qu’elle est incapable de persuader le Hamas de l’autoriser à rencontrer les otages juifs.

Lors de sa rencontre avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, elle a dit que «cela ne marchera pas, parce que plus nous exercerons de pression publique, plus ils fermeront la porte».

«Je n’en suis pas convaincu. Pourquoi n’essayez-vous pas ?», a rétorqué Netanyahu.

Netanyahu a exigé que l’organisation «remplisse sa mission», qui est d’atteindre les otages pris par le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza le 7 octobre et de s’assurer de leur bien-être.

Lors de la rencontre, dans un passage retransmis à la télévision, le Premier ministre a montré une boîte scellée étiquetée «médicaments et premiers soins pour les otages», et lui a dit qu’elle a «tout à fait le droit et tout à fait vocation à exercer une pression publique sur le Hamas» pour avoir accès aux otages restants à Gaza.

Il resterait 132 otages à Gaza – dont certains ne sont plus en vie – sur les 240 capturés le 7 octobre. Certains sont âgés et ont besoin de soins constants, d’autres sont malades ou blessés, et la plupart sont détenus dans des conditions désastreuses.

Le ministre des Affaires étrangères Eli Cohen était en Suisse, le mois dernier, avec plusieurs proches des otages détenus à Gaza. Il a rencontré à Genève la présidente de la Croix-Rouge, ainsi que le chef de l’Organisation mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Il a informé également les ambassadeurs étrangers des efforts internationaux visant à libérer les quelques 132 otages détenus par les terroristes à Gaza.

Les membres des familles des otages qui ont accompagné Cohen à Genève ont également pris la parole lors de la conférence de presse, partageant leur expérience du 7 octobre et les souffrances que leurs proches enduraient vraisemblablement dans la bande de Gaza.

Parmi les proches d’otages qui accompagnaient Cohen, figuraient :

  • Ofri Bibas Levi, sœur de Yarden Bibas, détenu par le Hamas avec sa femme Shiri et leurs deux jeunes enfants, Ariel, âgé de 4 ans, et Kfir, âgé de 10 mois ;
  • Ilan Regev, dont les enfants Mia et Itai ont été enlevés lors de la rave Supernova ;
  • Idit Ohel, dont le fils Alon a également été pris en otage lors de la fête ; et
  • Eilat Svetitsky, dont la mère et le frère seraient également retenus en otage dans la bande de Gaza.

L’ambassadeur israélien auprès des Nations unies, Gilad Erdan, se bat aussi depuis deux mois pour demander aux ambassadeurs d’agir de manière décisive pour amener les organisations internationales à rendre visite aux otages.

Meirav Eilon Shaha, l’ambassadrice israélienne auprès de l’ONU à Genève, tente de faire respecter le droit de visite des otages en temps de guerre qui est protégé par des instruments contraignants du droit international.

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Le Droit international abandonné

Les normes relatives à l’interdiction internationale de la prise d’otages se fondent tant sur le droit international humanitaire que sur le droit international des droits de l’homme qui, tous deux, la considèrent comme crime international, et elles définissent un système coordonné de sanction pour sa perpétration. Ce système repose essentiellement sur le principe de la juridiction universelle.

Le Comité international de la Croix-Rouge est un agent international de l’application et de l’exécution du droit de Genève ; il est le gardien des principes des Conventions de 1949 (1).

Cette action reconnue dans son «droit d’initiative» a, dans les cas des conflits armés, une base conventionnelle, ce qui lui donne le droit de prendre, de lui-même, des initiatives pour protéger les personnes civiles touchées par ces conflits, comme les otages civils israéliens.

Ce droit d’initiative est plus large dans les conflits armés internationaux, au cours desquels ses délégués ont le droit de visiter tous les endroits où se trouvent des personnes protégées par le système des Conventions de Genève, qu’il s’agisse de prisonniers de guerre ou de détenus civils. II faut, de plus, leur accorder toutes les facilités voulues pour qu’ils puissent accomplir leur tâche humanitaire (2).

Ceci dit, face à une violation du droit international humanitaire, comme est la prise d’otages, le CICR détermine, dans chaque cas, l’attitude qu’il doit adopter, en se fondant essentiellement sur un critère : l’intérêt des victimes qu’il est chargé de protéger et d’assister. Son engagement spécifique d’intermédiaire neutre entre les parties au conflit fait qu’il doit traiter sans discrimination toutes les victimes des conflits armés (3).

Les délégués du CICR peuvent apporter aux otages une assistance matérielle et, par leur présence, un réconfort moral, selon la Convention internationale contre la prise d’otages de 1979.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Ftouh Souhail pour Dreuz.info.

  1. II convient de rappeler que les Statuts du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sont approuvés par la Conférence internationale de la Croix-Rouge. Cette Conférence qui se tient tous les quatre ans réunit, avec les représentants de toutes les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
    ↩︎
  2. En effet, l’article 5 (consacré au CICR) des Statuts du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge adopté par la XXVe Conférence internationale de la Croix-Rouge (octobre 1986) stipule :
    «2. Selon ses Statuts, le Comite international a notamment pour rôle:…

    d) de s’efforcer en tout temps, en sa qualitd d’institution neutre dont I’activit6 humanitaire s’exerce specialement en cas de conflits armes — internationaux ou autres — ou de troubles intérieurs, d’assurer protection et assistance aux victimes militaires et civiles desdits evenements et de leurs suites directes…
    3. Le Comité international peut prendre toute initiative humanitaire qui rentre dans son rôle d’institution et d’intermédiaire spécifiquement neutres et ind6pendants et étudier toute question dont l’examen par une telle institution s’impose». ↩︎
  3. Ainsi, des délégués du CICR ont rendu visite aux otages détenus dans l’ambassade des Etats-Unis en Iran, ce qui a permis, d’une part, de déterminer leur identité, inconnue au moment de la visite et, d’autre part, de vérifier leurs conditions de détention, de les encourager moralement et de pouvoir donner de leurs nouvelles à leurs familles ↩︎

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