Publié par Eduardo Mackenzie le 6 janvier 2024

Gustavo Petro vient de penser à organiser un grand concert à Bogotá pour «critiquer le génocide contre le peuple palestinien».

Etant donné que ce que dit Petro prête généralement à confusion, il est nécessaire de démasquer le véritable sens de cette nouvelle annonce. Le président colombien mis en cause n’organise pas de concert avec un objectif humaniste. Au contraire, il va lancer une vaste croisade de haine anti-juive qui fera honte non seulement à Bogotá, mais aussi aux villes de Medellín, Cali et Barranquilla et «dans les régions de Colombie», comme il dit.

Petro a concocté cet objectif dans un texte du 2 janvier dernier, dans X, anciennement Twitter : «J’aimerais que René [René Pérez Joglar, rappeur et activiste portoricain qui se présente comme un «ambassadeur de conscience d’Amnesty International»] et tous ceux qui veulent utiliser l’art pour critiquer le génocide contre le peuple palestinien me rejoignent sur la Plaza de Bolívar ou dans le parc Simón Bolívar à Bogotá pour un grand concert contre le génocide et pour la vie. Qu’un cri d’humanité contre l’infamie naisse à Bogotá. Et que de là, nous partions à Medellín, Cali et Barranquilla et les régions de Colombie, en caravanes, pour nous retrouver au milieu de l’art et de la musique pour nous rassembler pour crier Assez, arrêtez les tueries, Monsieur Massacre !».


«Monsieur Massacre» est l’épithète insultante que Petro lance au Premier ministre Benjamin Netanyahu. Ainsi, le plan de Gustavo Petro est transparent : déclencher des journées de haine antisémite dans plusieurs villes de Colombie pour applaudir subrepticement le massacre commis le 7 octobre dernier par les terroristes du Hamas au cours duquel 1400 civils juifs – jeunes, adultes, personnes âgées, femmes, bébés et des enfants -, ont été assassinés par balle et à la hache dans leurs maisons, dans les rues et lors d’un festival de musique en plein air et par des roquettes tirées par le Hamas vers le sud d’Israël. Ce jour-là, 240 personnes ont été enlevées parce qu’elles étaient juives, comme les autres victimes.


Ni ce jour-là, ni dans les jours qui ont suivi le pogrom le plus brutal que le peuple juif ait dû subir après la fin de la Shoah, Gustavo Petro n’a eu la décence de prononcer un seul mot de compassion pour ces personnes et contre ce massacre. À ce jour, Petro n’a même pas demandé la libération du bébé Kfir Bibas, âgé de neuf mois, kidnappé dans le kibboutz de Nir Oz, ainsi que de son frère Ariel, quatre ans, et de ses parents Yarden et Shiri.


Depuis ce terrible jour, Gustavo Petro n’a qu’une seule obsession : transformer le droit d’Israël à se défendre et à libérer les otages en «génocide contre le peuple palestinien». Petro a embrassé la ligne du Hamas et s’élève désormais contre l’offensive de Tsahal. Le président colombien entend cacher que l’offensive israélienne vise à détruire militairement et politiquement le Hamas, mouvement armé et soutenu par le régime iranien, et que cette offensive a été décidée par un gouvernement d’unité nationale où Netanyahu travaille avec les dirigeants des autres partis, comme Yoav Gallant, l’actuel ministre de la Défense et Benny Gantz, ancien ministre de la Défense et ancien chef d’état-major de l’armée. Petro agit comme s’il ne savait pas que détruire le Hamas, c’est libérer les Palestiniens d’un terrible bourreau.


L’idée de Petro de «critiquer le génocide contre le peuple palestinien» est donc une imposture. Il essaie de détruire la logique à travers un récit et un langage faux. Il prépare des journées dangereuses dans les principales villes de Colombie pour imposer à la population la vision qu’il a de la guerre au Moyen-Orient.
Ce jour-là, Petro ira-t-il plus loin et inaugurera-t-il, en coulisses, sans que personne ne s’en rende compte, une branche du Hamas en Colombie ?


Petro sait pourquoi il a choisi René Pérez Joglar pour cette aventure. Alias Residente apporte une couleur poétique tout en refusant en même temps de condamner le pogrom commis avec une sauvagerie insupportable par le Hamas, le 7 octobre 2023. Le rappeur estime être dans le camp du bien pour avoir défini la guerre anti-Hamas comme un «génocide macabre». Il semble convaincu que l’extermination de la population palestinienne et moyen-orientale est l’objectif de la seule démocratie du Moyen-Orient dans la lutte contre des ennemis implacables. Seul un ignorant, souffrant d’un fanatisme aveugle, peut aller jusqu’à de tels extrêmes, en niant les faits, l’histoire et la mémoire.


Face à ces sombres perspectives, la question fondamentale est la suivante : allons-nous laisser Petro faire cela ? Carlos Fernando Galán, le nouveau maire de Bogotá, tolérera-t-il que Petro sabote ainsi sa gestion ? Quelle attitude adopteront les nouveaux maires ? Federico Gutiérrez, de Medellín, Alex Char, élu pour la troisième fois à Barranquilla, Alejandro Éder de Cali et ceux d’autres grandes villes, comme Dumek Turbay, de Cartagena, Mikhail Krasnov, de Tunja, et Jaime Andrés Beltrán, de Bucaramanga et même l’ancien guérillero des Farc, Armel Caracas, de Cumaribo (Vichada), permettront – ils que leurs villes soient envahies par une vague de judéophobie ? Et les partis politiques de droite, du centre, des verts et même de gauche en général accepteront-ils que le gouvernement de Petro commette cet outrage et transforme ces belles villes en scène de sombres assemblées racistes ? La Colombie sera-t-elle encore capable de regarder le monde en face après une campagne de cette nature ?


Quelle attitude choisiront les nouveaux gouverneurs départementaux, comme Dilian Francisca Toro, Andrés Julián Rendón, Jorge Rey et Juvenal Díaz, à l’égard de ce projet ?

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Imaginons un instant ce que ces manifestations et les concerts peuvent déclencher dans le climat de fanatisme anti-juif que Petro est en train d’engendrer. Ce projet pourrait servir de prétexte pour déclencher de violentes émeutes. Cette fois, qui serait la cible des attaques ? Les entreprises, les domiciles et les commerces tenus par des Juifs ? Ne sont-ils pas définis par Petro comme des «génocidaires» ? Gustavo Petro compare Gaza au camp d’extermination d’Auschwitz et à Netanyahu à Hitler. Tous les éléments sont réunis pour que Bogotá et les autres villes subissent une nouvelle «déflagration sociale», pour reprendre le langage pétriste. Ce serait, que le gouvernement le veuille ou non, une réplique de la «Nuit de Cristal», comme celle qui s’est produite en Allemagne dans la nuit du 9 novembre 1938, au cours de laquelle le parti nazi a organisé une vague d’attaques contre les Juifs, des lynchages et des incendies de synagogues. Selon certains historiens, ce pogrom a marqué le début de l’Holocauste et du meurtre systématique de six millions de Juifs.


Petro lancera-t-il ses activistes des «lignes de front» pour taguer, piller et détruire les commerces Juifs lors de ces concerts ? Sera-ce un tournant vers des formes de gouvernement plus violentes ? Sera-ce le moyen de punir et d’imposer son influence sur les villes et départements qui lui ont tourné le dos aux élections régionales et qui crient «Petro dehors» dans tous les stades ?


Les nouveaux maires et gouverneurs feraient bien d’enquêter sur ce qui se cache derrière cette initiative faussement humanitaire. Villes et départements peuvent une nouvelle fois être pris de court car, au lieu de concerts, ils auront à faire face à des énergumènes de tous poils, manipulés, détruisant tout sur leur passage et, le pire, convaincus de défendre une juste cause.

© Eduardo Mackenzie (@eduardomackenz1) pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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