Publié par Abbé Alain René Arbez le 1 janvier 2024

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.

Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »
Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »

Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage, demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de 84 ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.

L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

Evangile de Luc (2, 22-40)

A Noël, nous venons de célébrer la naissance de Jésus venu au monde dans une famille du peuple juif.

Nous célébrons aujourd’hui les êtres les plus proches de lui, qui ont veillé sur son éducation : sa mère Marie et son père adoptif Joseph. Mais les évangiles mentionnent aussi parfois des frères et des sœurs de Jésus. Certains en ont un peu rapidement déduit que Marie avait eu plusieurs enfants. Si cela avait été le cas il serait impensable que Jésus ait dû confier sa mère à Jean, son frère spirituel, au pied de la croix et non pas à ses frères et sœurs de sang…Il faut savoir que le terme frères et sœurs au sens large, en Orient, ne renvoie pas à la famille réduite telle qu’on la connaît en Occident… Mais c’est toute la parenté, avec les oncles, tantes, cousins et cousines, qui est ainsi désignée. Fréquemment, le mot frères et sœurs est utilisé pour les cousins et cousines proches.

Commenter la Sainte Famille ? Il est vrai qu’il n’est déjà pas si simple de parler de la famille humaine tout court. On assiste depuis les années 68 à une sérieuse remise en cause de cette cellule de base fondamentale où l’enfant apprend les règles d’une vie en commun dans un climat affectif qui lui permet de se construire. Sous l’effet de l’individualisme et du progrès matériel, la société a changé. Et la natalité a chuté en Occident, alors que les avortements augmentaient.

Ainsi, on peut voir d’une part quelques familles où l’autorité parentale est rigide, conformiste, ce qui amène des blocages dans l’évolution de l’enfant. Et d’autre part, la plupart du temps, des familles où l’autorité des parents a disparu, ce qui conduit à des dérives dramatiques chez l’enfant ou l’adolescent en manque de repères. L’ambiance générale de la vie en société se ressent inévitablement de cette fragilisation de la famille, cellule de base de la société.

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A l’époque où Luc écrit son évangile, on sait qu’il y a des tensions entre les membres des communautés de disciples. En effet, la plupart fréquente les synagogues, ils sont toujours attachés au judaïsme des pères, auquel Jésus s’est référé, tandis que d’autres proviennent du paganisme grec et ils ont une tout autre sensibilité culturelle. Inévitablement, les points de vue divergent en ce qui concerne les coutumes, les rites et les priorités de la vie. L’évangéliste Luc qui est un médecin de culture grecque, connaît très bien l’observance juive, il s’efforce donc d’être un facilitateur dans les relations.

Comme la Bible y avait déjà préparé les esprits, Luc rappelle que le salut de Dieu est d’abord pour son peuple mais qu’il est aussi destiné à travers Israel aux nations qui sauront reconnaître la vérité universelle du message de paix et de justice.

La scène de l’évangile se passe dans le Temple de Jérusalem. C’est un rituel hébraïque ordinaire – qu’on appelle le pydion ha ben – après la naissance d’un fils premier né. Marie et Joseph arrivés de la Galilée se trouvent à Jérusalem la ville sainte dont Bethlehem est toute proche. Dans cette rencontre étonnante, il y a deux anciens du peuple de Dieu, des habitués du Temple, de vrais témoins de l’histoire sainte, et ils vont reconnaître avec joie le caractère unique de cet enfant. C’est sous l’inspiration de l’Esprit qu’ils vont découvrir celui par qui Dieu offre son salut à tous les peuples, (en tout cas à ceux qui désirent sincèrement la vérité et la paix). Car la gloire dont il est ici question, c’est la manifestation visible de ce qui était encore invisible, révélation de la manière dont Dieu nous aime.

Surtout, cet évangile nous dit également quelque chose d’essentiel sur ce qu’est un enfant. Alors que notre société actuelle est capable de faire de l’enfant tantôt un enfant-roi tantôt un enfant-objet, la Parole de Dieu nous dit qu’il n’appartient ni à ses parents, ni à la société. L’enfant est une créature de Dieu dès sa conception, avant sa venue au monde. Beaucoup de parents ont l’illusion que c’est eux qui donnent la vie, alors qu’ils ne font que la transmettre : la vie vient d’une source qui les dépasse même si, naturellement, ils se sentent les premiers responsables. Dans la Bible, le sang n’appartient pas à celui qu’il maintient en vie : le sang c’est aussi l’âme, et la vie.

Cette vie qui est un cadeau venu de Dieu et qui dépasse chaque individualité et chaque période d’existence personnelle. Cela nous rappelle que nous  appartenons à une chaîne humaine qui existe avant et après nous. De ce fait, nous sommes solidaires de ceux qui nous ont précédés et de ceux qui nous suivront. Reliés à l’origine et à la fin, nous sommes en contact avec l’éternité et la succession des générations nous renvoie à la dignité de la vie qui nous est confiée.

L’évangile de ce jour ne nous dit pas autre chose. Marie et Joseph, les parents qui viennent présenter leur enfant au Temple affirment par ce geste que l’enfant n’est pas leur propriété : il reste relié à une origine qui déborde la temporalité provisoire de leurs personnes. C’est vrai pour Jésus, mais c’est valable aussi pour tout être humain. Comme Marie et Joseph, les parents comprendront que si leur enfant connaît une croissance, c’est d’abord grâce à Dieu créateur. Certes, leur rôle reste primordial, mais c’est à Dieu qu’ils auront à rendre compte de la façon dont ils ont favorisé le bien de leur enfant en accompagnant sa croissance.

La sainte famille nous met ainsi directement en lien avec la Parole de Dieu et avec l’histoire du salut. Alors que, de nos jours, de nouveaux modèles culturels interpellent fortement la qualité d’éducation des enfants, il est bon de méditer sur cet évangile de Jésus enfant. Marie et Joseph en bons pratiquants l’ont emmené au Temple, le lieu où réside l’arche d’alliance avec les 10 commandements, le sanctuaire où des sacrifices d’expiation des péchés sont offerts en permanence sur l’autel des offrandes, c’est le lieu des fêtes et des grands pèlerinages communautaires. Nous découvrons ainsi le rôle bénéfique de la pratique religieuse qui place les rapports humains en harmonie avec Dieu. C’est une perspective assez différente de ce que nous voyons la plupart du temps aujourd’hui en Occident, où beaucoup ont perdu le sens de l’orientation.    

En cette fête de la Sainte Famille, demandons au Christ d’aider les jeunes parents à découvrir l’importance d’un enracinement spirituel solide, la nécessité d’un lien vivant avec la communauté. C’est de cette manière que les jeunes grandiront en humanité, en sentant combien l’appel de Dieu les invite à réaliser de grandes choses, pour eux-mêmes et leurs semblables. Que les personnes âgées soient comme Anne et Syméon à l’écoute de la Parole : que grâce à cette vitalité intérieure, ces aînés parviennent au terme de leur vie terrestre avec un cœur apaisé, reconnaissant pour Dieu et sa présence bienfaisante dans le monde, et qu’ils prient pour les nouvelles générations qui leur succèdent.

L’Esprit saint est pour nous tous un appel d’air revivifiant qui fait vivre l’Eglise comme une grande famille de familles, il est ce souffle nouveau qui peut changer la vie de la famille humaine fracturée et blessée.  

L’Esprit saint, en reliant le Père et le Fils, peut en effet à chaque instant transformer nos limites et nos fragilités en aidant chacun de nous à accomplir de belles réalisations, car rien n’est impossible à Dieu comme le rappelait l’archange à la Vierge Marie.

Amen

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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