Publié par Gilles William Goldnadel le 20 février 2024

Gilles-William Goldnadel revient sur la décision du Conseil d’État qui enjoint l’Arcom à durcir le contrôle éditorial des chaînes audiovisuelles privées.

Au regard de la décision fantasque autant que révoltante prise par le Conseil d’État, enjoignant à l’Arcom d’étiqueter les chroniqueurs et les invités sans étiquette d’une télévision privée, je n’irai pas par quatre chemins. Je n’emprunterai que les deux habituels que pavent mes obsessions intellectuelles depuis longtemps publiquement assumées : l’intolérance de l’extrême-gauche et le mépris du pluralisme affiché par l’audiovisuel public.

Mais avant cela, un mot sur l’absence de pluralisme du monde judiciaire et administratif. Avec son urbanité particulière, Jean-Éric Shoettl, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, s’interrogeait dans ces colonnes, le 14 février, sur un éventuel biais idéologique ayant présidé à la décision précitée par ces deux chambres réunies de la plus haute juridiction administrative. La présence à leur tête d’un ancien adjoint de Martine Aubry n’étant pas de nature à rendre ce questionnement moins urbain.

Mais il en est ainsi dans la patrie de l’insolence revendiquée. Il est de mauvais goût de critiquer le gouvernement des juges de progrès tandis que de l’autre côté de l’océan, il est recommandé de morigéner une Cour Suprême, dominée par des conservateurs forcément rétrogrades. C’est ainsi que nul ne viendra réclamer des comptes au Conseil d’État. Comme nul n’aura osé demander au Conseil Constitutionnel, présidé par un ancien Premier ministre socialiste, où diable il avait trouvé cet introuvable principe de fraternité, qui avait autorisé l’impunité à un Cédric Herrou, parti rechercher au-delà des monts, des migrants étrangers non titrés.

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Mais cessons de ressasser, et empruntons ce premier chemin qui nous mène tout droit à cette extrême gauche intolérante qui refuse l’idée d’avoir perdu son monopole médiatique, après avoir perdu la bataille des idées.

L’instrument véhiculant sa hargne s’appelle Reporters Sans Frontières. Cette ONG n’est plus, hélas, l’association éprise de liberté qu’avait créé l’ex-libertaire Robert Ménard, partisan de la liberté d’expression totale et sans freins. RSF a suivi l’itinéraire de gauchisation extrême d’autres organisations, telles que la Ligue des droits de l’Homme, Médecins Sans Frontières ou Amnesty International. Notons par ailleurs que son président, a été choisi par le pouvoir actuel pour présider les États Généraux de l’Information, dont on ne sait ce qu’ils deviendront, au regard de la polémique actuelle.

Voilà presque une décennie que je dénonce chaque jour les manquements les plus criants à l’objectivité ou à la pluralité des points de vue.

La cible de cette vindicte extrêmement gauchisante s’appelle CNews. Ou plus exactement le succès de CNews. Ou encore plus exactement, l’engouement populaire que suscite CNews. Qui correspondait à un besoin vital. Le peuple français souffrait du silence de mort protégeant les faits relatifs à l’immigration illégale ou irrésistible et les questions de sécurité afférentes. Celles que j’ai nommé « autorités d’occultation » veillaient à dissimuler la vérité que seuls des réseaux sociaux, décrits avec mépris comme une fâcheuse sphère, révélaient sous un manteau inélégant.

Et voilà qu’une télévision, composée d’un personnel ne prêtant que difficilement le flanc aux reproches de vulgarité ou de manque de finesse ou d’humour, cassait la baraque médiatique gauchisante brinquebalante. Restait donc à inventer, dans la panique, le système des fiches. Un système impossible et proscrit par la CIVI. L’Arcom elle-même ne sait comment procéder. Combien d’assistants va-t-elle devoir enrôler pour sonder les reins et les âmes des invités et chroniqueurs non politiquement volontairement répertoriés ? Quels seront leur domaine de compétence ? L’archéologie politique ? La psychologie idéologique ? Comment décrire un ancien député socialiste qui a quitté son parti depuis cinq ans ? Et puis quelle épithète sera inscrite sur la fiche signalétique ? Droite ou gauche ? Rouge ou brun ? Progressiste ou réactionnaire ? Gentil ou méchant ? J’ai tort d’en rire.

J’emprunte à présent mon second chemin. Un vrai chemin de croix. Celui qui mène jusqu’à mon obsession assumée vers le manque révoltant de pluralisme, caractérisant l’audiovisuel public. Voilà presque une décennie que je dénonce chaque jour les manquements les plus criants à l’objectivité ou à la pluralité des points de vue. Pire encore, dans mon Journal de guerre , publié il y a un mois, je documente la chronique quotidienne amère de radios publiques qui auront tenu les bilans victimaires du Hamas où les comptes rendus de l’UNRWA comme des sources d’information dignes de foi sans les confronter à la contradiction. Victime de l’idéologie médiatique, consciente ou pavlovienne, quand tu es tenue, tu nous tiens.

Dans le système orwellien du fichage prévu par le Conseil d’État, gageons tout de même qu’il sera plus aisé de décrire les orientations et dilections du personnel du service public audiovisuel.

J’ajoute que dans cette saine obsession que j’assume hautement, je n’agis pas seulement es qualité de président d’Avocats Sans Frontières ou d’essayiste. J’agis plus encore en ma qualité de contribuable, copropriétaire indivis de l’audiovisuel public français. Son cahier des charges, serré dans le tiroir fermé à double tour de ses responsables en fonction, exige bien davantage que pour BFM, CNews ou M6, une obligation de respect de pluralisme et d’objectivité de l’information. C’est peu d’écrire qu’elle est foulée aux pieds et piétinée.

Dans le système orwellien du fichage prévu par le Conseil d’État, gageons tout de même qu’il sera plus aisé de décrire les orientations et dilections du personnel du service public audiovisuel. Il le faudra nécessairement, comme ne s’y est pas trompé un journaliste de France Inter, qui a accueilli la décision des hauts magistrats avec une joie très rentrée.

Aisé de décrire le responsable de la chronique étrangère, ancien de Libération et fondateur de Rue89, membre éminent de Reporters Sans Frontières, que j’ai décrit précédemment. Aisé de situer politiquement le responsable de la matinale, précédemment à la tête de Libération. Aisé de situer le chroniqueur de l’histoire des idées politiques, toujours actuellement à Libération. Aisé de situer les responsables de la « Terre au carré » qui se revendiquent avec fierté comme des écologistes engagés. Aisé de situer l’équipe féminine de « Jusqu’ici tout va bien », menée de main de maîtresse par une chroniqueuse tenant hier encore, avec talent, une rubrique hebdomadaire de sexualité dans Le Monde. Aisé de situer un humoriste ayant défrayé sa chronique spirituelle pour avoir qualifié le premier ministre israélien de « nazi sans prépuce ». Guillaume Meurice établissait, en effet, un parallèle entre Benyamin Netanyahou et le nazisme au micro de France Inter, quelques jours après les attaques du Hamas le 7 octobre. Celui-ci était aussi membre de la « bande à Charline », l’émission quotidienne « C’est encore nous » de France Inter. La présentatrice avait par ailleurs dessiné des moustaches adolphines à un candidat juif et de droite, lors des dernières élections présidentielles.

Je donnerai, pour terminer mon cheminement, l’exemple le plus récent de ce tropisme idéologique de service public que je dénonce depuis deux lustres.

Il date de dimanche, et s’est déroulé à 9h55 sur France Info, comme je l’ai consigné précisément sur X. La journaliste du service public a cru devoir célébrer l’action des Sleeping Giants en les présentant, d’une manière assez approximative et subjective, comme des lanceurs d’alerte contre l’ « extrême droite ». Dans la réalité plus cruelle, il s’agit d’activistes anonymes terrorisant les annonceurs, que je situerai à l’extrême gauche, et qui ont fait perdre beaucoup d’argent à Valeurs Actuelles et Boulevard Voltaire mais aucun à Mediapart ou à StreetPress, pour le plus grand bonheur de notre radio publique.

Mais peut-être, par mesure d’économie, devrions-nous demander à ces Géants Endormis de ficher gratuitement les intervenants dans nos médias sous surveillance ? J’ai vraiment tort d’en rire.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. Publié dans Figaro Vox.

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