Publié par Jean-Patrick Grumberg le 1 février 2024

L’Archaeological Survey of India (ASI) aurait découvert les ruines d’un ancien temple hindou sous une mosquée construite au XVIIe siècle dans la ville de Varanasi.

La mosquée Gyanvapi Masjid date du XVIIe siècle. Elle a été construite sous le règne de l’empereur moghol Aurangzeb, et il s’avère que c’est à l’emplacement de l’ancien temple de Kashi Vishwanath, un lieu de dévotion hindou respecté. La construction de la mosquée au-dessus du temple est conforme à une méthode classique de l’islam qui symbolise la suprématie de l’islam dans la région qu’il conquiert. Cette découverte pourrait constituer un développement important dans le cadre du différend entre les hindous et les musulmans indiens, qui se disputent le site devant les tribunaux.

  • La structure au cœur de la controverse est la mosquée Gyanvapi, qui a été construite dans la ville indienne d’Uttar Pradesh en 1669 par l’empereur moghol Aurangzeb Alamgir.
  • L’Empire moghol, qui a duré de 1526 à 1761, était une puissance expansionniste fondée par de lointains descendants de Gengis Khan. Ses souverains étaient musulmans.
  • L’empire s’est dissous dans des querelles de clans et ses vestiges ont été balayés par une invasion perse en 1739.
  • Le dernier empereur moghol régnait encore en 1858 lorsque les Britanniques ont pris le contrôle de l’Inde.

Pour les nationalistes hindous modernes, l’empereur Aurangzeb est l’un des pires despotes et oppresseurs de l’histoire de l’Inde. Le nom d’Aurangzeb revient très souvent dans les discours des nationalistes hindous.

Le Premier ministre indien Narendra Modi, par exemple, a dénoncé les “atrocités” et la “terreur” d’Aurangzeb dans un discours prononcé en décembre à la mosquée contestée de Varanasi.

On retrouve le même procédé d’effacement notamment à Jérusalem avec le dôme du Rocher construit sur les ruines du Second Temple, et à Istanbul avec la cathédrale Sainte-Sophie, convertie en mosquée après la conquête de Constantinople par les Ottomans en 1453. Un autre exemple est la mosquée des Omeyyades à Damas, en Syrie. La mosquée a été construite sur le site d’une basilique chrétienne dédiée à Saint Jean Baptiste. Certaines parties de la structure chrétienne ont été incorporées à la mosquée lors de sa construction au 8e siècle.

Mais en avril 2022, un groupe d’hindous pratiquant leur culte sur le site a déposé une requête auprès du tribunal afin d’obtenir l’accès à la mosquée pour les prières, arguant qu’elle avait été construite sur un temple vénérable rasé par Aurangzeb, et que des reliques sacrées hindoues étaient encore enfouies sous le sol utilisé par les musulmans, directement sous un bassin de baignade essentiel aux pratiques religieuses musulmanes.

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Afin de trancher le litige, le tribunal a décidé d’ordonner des fouilles de la mosquée Gyanvapi par des archéologues.

Les fouilles sont terminées et des fuites suggèrent que les preuves de l’existence d’un temple hindou sous la mosquée ont été découvertes. Le tribunal a ordonné que le rapport complet soit rendu public prochainement.

Et pour bien enfoncer le clou, Modi vient d’inaugurer un nouveau temple hindou massif dans la ville d’Ayodhya, et devinez quoi, il a été construit sur les ruines d’une mosquée du XVIe siècle, rasée par une foule hindoue en colère en 1992.

Les musulmans déclarent que la cérémonie de consécration de Modi a pour but de déclarer la suprématie religieuse absolue de l’hindouisme en Inde.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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