Publié par Eduardo Mackenzie le 3 février 2024

Le président colombien Gustavo Petro n’est pas le seul à être à l’origine de la convocation judiciaire grotesque contre l’ancien président Andrés Pastrana, afin qu’il se rétracte de ses critiques correctes et patriotiques, à l’égard du gouvernement subversif et corrompu actuel.

Le principal joker parlementaire de Petro est Ivan Cepeda. Connu pour fouiner dans les prisons les plus sordides à la recherche de criminels prêts à servir de faux témoins contre les adversaires politiques des FARC, Cepeda est l’un de ceux qui intriguent le plus dans les couloirs de la Casa de Nariño pour que Gustavo Petro crée un sinistre précédent en sanctionnant un ex-président de la Colombie pour avoir critiqué son gouvernement1. Si Petro et Cepeda y parviennent, tout le droit de s’engager dans une politique indépendante et de critiquer le pouvoir en place s’effondrera, et la Colombie aura perdu la plus grande de ses libertés.

La Colombie doit appuyer et protéger l’ancien président Andrés Pastrana, se mobiliser massivement contre ce que Gustavo Petro tente de faire contre lui. Cette atteinte portée contre l’ancien président conservateur est le signe que la liberté d’opinion et d’expression des Colombiens est en jeu ou a pris fin.

Après l’échec de la conciliation avec Gustavo Petro, qui rejette en bloc les conditions de règlement préconisées par Andrés Pastrana, à savoir de faire un débat public entre eux, le leader conservateur a lancé une phrase que partagent des millions de Colombiens :

«Chaque jour, ce gouvernement commence à ressembler davantage à la narco-dictature du Venezuela».

Nous ne sommes pas ici face à une «chamaillerie» entre deux personnalités politiques, comme le dit la presse, inconsciente de la menace. Ce qui se passe est un combat à mort entre les défenseurs d’un gouvernement constitutionnel et les aventuriers qui veulent ériger une détestable dictature cubaine-vénézuélienne.

Les Colombiens sont confrontés à un gouvernement en crise qui veut détruire la liberté, l’égalité des droits, les droits de l’homme, les valeurs universelles de la démocratie, de la république et du gouvernement constitutionnel.

Cet épisode revêt une dimension particulière car il s’agit d’une attaque d’un président en exercice contre les droits d’un citoyen qui a été lui-même président de la République et qui est aujourd’hui un leader de l’opposition, sur la base de ce que ce dernier a dit du premier. Seuls les régimes totalitaires musellent et violentent leurs opposants. Petro n’agit donc pas avec la Constitution et les codes de lois colombiennes entre ses mains, mais avec les codes rouges et violents des régimes communistes.

En arrivant à l’audience de conciliation au Bureau du Procureur, Gustavo Petro a déclaré qu’il s’y rendait pour défendre «la bonne réputation de (son) gouvernement». Grossière erreur. Un chef d’Etat défend la réputation de son gouvernement par des décisions politiques, par des actions, par des initiatives intelligentes qui génèrent liberté, paix, fraternité et prospérité, et non par des intrigues et des procès contre les mécontents.
Si Gustavo Petro ne veut pas que les Colombiens voient en lui un président à genoux devant les desseins des cartels et des bandes narco-communistes, il doit rompre avec sa politique sans précédent qui consiste à laisser la population sans protection et à permettre au crime organisé de faire ce qu’il veut, avec l’excuse qu’il y a un cessez-le-feu avec lui, qui empêche les forces militaires et policières de la République de défendre les citoyens et le territoire national contre des terribles attaques2.

Tant que Petro ne renonce pas à cette politique, il sera tout à fait légitime de dire, comme l’a dit l’ancien président Pastrana, le 28 novembre 2023 : «Votre campagne et votre présidence, @petrogustavo, n’ont été rien d’autre que la fusion du gouvernement avec le trafic de drogue sous le voile d’une farce appelée paix totale». Une telle caractérisation peut sembler sévère. Mais en même temps elle est vraie, et les faits la corroborent chaque jour.

Que faire contre les desseins de Gustavo Petro ? La critique verbale ne suffit pas. Des marches sporadiques, des dénonciations en justice, des révélations et des manifestations au sein du Parlement sont essentielles, mais elles seules ne suffisent pas : il faut diffuser toujours plus d’informations, organiser des forums et des colloques et occuper les rues et les places de manière plus fréquente et plus durable, contre toute agression liberticide ou toute action contre des opposants. Nous devons tenir le monde entier informé de ces crimes, créer une dynamique de masse contre le régime nihiliste et corrompu de Petro et ses petits groupes fanatiques, Primera Línea, Pacto Historico ou quel que soit leur nom.
Le procès en destitution de Petro pour ses violations constantes de la Constitution et des lois colombiennes doit être intensifié et renforcé. Des espaces doivent être ouverts pour que les citoyens connaissent le sens des justes revendications présentées aujourd’hui devant la Commission d’Impeachment de la Chambre des Représentants. Quant aux membres de cette Commission, ils doivent prendre leur responsabilité, respecter la loi et surtout arrêter de faire comme s’il ne se passait rien. S’ils n’agissent pas en droit, ils feront partie du problème. S’ils n’enquêtent pas sur cette affaire, la pression sur eux augmentera car les majorités soutiendront l’action des plaignants.

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Le comportement de Petro est inacceptable. Il tente de mettre un des siens à la tête du parquet pour dominer l’ensemble du système judiciaire et il menace le procureur Barbosa car ce dernier ne s’est pas plié aux caprices du président. Petro retire les décorations à un général émérite de la République, il traite de putschistes ceux qui portent des accusations contre lui à la Commission d’accusation et il considère que son épouse peut utiliser l’argent public pour ses voyages et ses activités privées. Petro joue avec la santé publique et projette la ruine d’Ecopetrol3. Il a des réunions secrètes chaque semaine sans que la presse ne puisse enquêter dessus. Il aggrave la crise immigrationniste en faisant venir des africains en Colombie, enfin il reprend à son compte les insultes antisémites du Hamas et se garde de condamner le massacre islamiste du 7 octobre dernier en Israël. C’est le même qui, par sa négligence, a perdu la tenue des Jeux panaméricains en Colombie. Bref, la liste de ses actions destructrices est interminable.

Petro est maintenant passé à l’agression judiciaire contre l’ancien président Andrés Pastrana. Dans ce contexte, nous devons admettre que nous ne luttons pas seulement contre un président erratique, impopulaire, rancunier et incompétent, convaincu que démolir la démocratie est une excellente action. Nous ne luttons pas seulement contre son aberrant paquet de mesures, ni contre celui qui pourrait un jour «redresser son chemin», comme le rêvent certains naïfs. Le défi est d’empêcher la consolidation d’une dictature narco-communiste qui a pris le contrôle de l’État à travers des élections frauduleuses et qui tente aujourd’hui, par tous les moyens – sanglants, idéologiques et politiques – de stabiliser sa position et de rendre son pouvoir «irréversible» en 2026.

© Eduardo Mackenzie (@eduardomackenz1) pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

  1. Si Andrés Pastrana ne se rétracte pas, Petro veut qu’il soit condamné à lui payer une pénalité d’un montant de 130 millions depesos (30.720 euros)
    ↩︎
  2. Les cartels de la drogue et les groupes armés ont augmenté de 36% entre 2022 et 2023, ce qui coïncide avec la mise en œuvre de la politique de «paix totale» de Petro, selon le bureau de l’Ombudsman colombien. Ces groupes ont étendu leurs tentacules à 392 municipalités. Le Clan du Golfe a harcelé 392 communes en 2023. Ce cartel a déjà un impact dans 24 des 32 départements, soit les trois quarts du territoire colombien. Les FARC ont également accru leur domination. L’année dernière, ils sont passés de 230 à 299 crimes commis dans des villages. ↩︎
  3. Ecopetrol (Empresa Colombiana de Petróleos) est la plus grande entreprise colombienne. Dédiée à l’extraction et la commercialisation de pétrole et de gaz, elle possède les deux raffineries les plus importantes du pays, ainsi que la majeure partie du réseau de pipelines. ↩︎

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