Publié par Eduardo Mackenzie le 18 février 2024

L’ONU, qui, par l’intermédiaire de son secrétaire général, annonçait en 2021 que le processus de paix en Colombie « prend racine profondément » et qui estimait que la méthode de faire d’énormes concessions au narcoterrorisme des FARC ouvrirait des avenues à la paix, a maintenant l’impudence de fermer encore les yeux sur ses propres erreurs et sur le gouvernement illibéral de Gustavo Petro et ose exiger que la Cour suprême de justice de Colombie (CSJ) se soumettre aux diktats catastrophiques de Petro et, par conséquent, accepte de choisir le nouveau procureur général «dans les plus brefs délais ».

Le 14 février dernier, l’ONU a exigé, en effet, que le CSJ [l’organisme qui, aux côtés du Bureau du procureur général (Fiscalía), lutte courageusement contre la manœuvre subversive de Gustavo Petro qui cherche à mettre le pouvoir judiciaire sous la botte du pouvoir exécutif, pour changer le système constitutionnel colombien en un bourbier castro-chaviste], conclut rapidement l’élection du nouveau fiscal général, sachant que, hélas, les trois candidates de Petro à ce poste, plutôt que des juristes, sont des militantes avérées d’extrême gauche qui n’offrent aucune garantie d’indépendance et de sérénité dans l’exercice de cette position stratégique.

Mais qu’est-ce que l’ONU aujourd’hui ? Cette organisation internationale a-t-elle l’autorité morale qu’elle avait auparavant pour lancer un tel ultimatum à la justice colombienne ? L’ONU n’a-t-elle pas trahi ses principes fondateurs ? 

L’ONU d’Antonio Guterres est l’organisation la plus discréditée au monde. Bon nombre des positions adoptées concernant les problèmes les plus brûlants de la planète sont indécentes. Regardons cela de plus près.

L’éditorialiste et écrivain français Michael Taube résume l’évolution désastreuse de l’ONU en ces termes : « L’ONU d’aujourd’hui ressemble à un cloaque politique contrôlé par des États totalitaires et des nations voyous qui rejettent la démocratie et la liberté. Voici plusieurs exemples qui illustrent leur étonnant déclin et leur chute : l’Iran et l’Irak devaient co-présider une conférence de l’ONU sur le désarmement nucléaire en 2003, avant que Saddam Hussein ne soit renversé du pouvoir ; la Corée du Nord, menace nucléaire majeure, a présidé la Conférence des Nations Unies sur le désarmement en 2011 ; la Libye a présidé la Commission des droits de l’homme de l’ONU en 2003 et était membre du Conseil de sécurité de l’ONU ; la Syrie a présidé le Conseil de sécurité de l’ONU en juin 2002 et août 2003 et faisait partie du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. »1

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C’est peut-être pour cette raison que les observateurs n’ont pas été surpris lorsque le socialiste portugais Antonio Guterres, nommé secrétaire général de l’ONU en 2017, a déclaré que les atrocités massives commises par le Hamas le 7 octobre 2023 en Israël2 « ne se sont pas produites en vase clos », ce qui équivaut à justifier cette atrocité, « le plus grand massacre antisémite de notre siècle », comme a déclaré le président français Emmanuel Macron le 7 février dernier. Pendant ce temps, l’ONU, sous la direction de Guterres, n’a montré aucun intérêt – autre que des phrases inutiles – à enquêter et à obtenir que soient punis les auteurs des viols massifs, des effroyables tortures, des meurtres impitoyables et des enlèvements qui ont constitué l’horrible pogrom du 7 octobre.

Une telle attitude découle de la fausse vision générale de l’actuel secrétaire général de l’ONU sur le conflit au Moyen-Orient. Un bureaucrate en chef d’un département de l’ONU a récemment déclaré : « Le Hamas n’est pas une organisation terroriste, mais un mouvement politique », ce qui correspond au discours typique du Hamas. Bien sûr, un « mouvement politique » qui « assassine, viole, kidnappe, tire des roquettes et massacre des familles entières », a été la réponse donnée à cette qualification par l’ambassadeur israélien en Colombie, qui a réaffirmé : « L’ONU est devenue une abomination honteuse ».

Le 26 janvier 2024, la presse occidentale révélait l’existence d’un rapport israélien sur l’implication présumée – en tant que participants ou complices – de 12 employés de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNRWA) dans les attentats terroristes commis par le Hamas le 7 octobre.

Immédiatement, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré que ces accusations étaient « hautement crédibles » et que les États-Unis, l’un des principaux financiers de l’UNRWA depuis de nombreuses années, suspendaient temporairement leurs contributions à cette agence. Les médias ont à leur tour publié des photographies des employés impliqués, selon les archives israéliennes.

Philippe Lazzarini, le patron de l’UNRWA, a répondu que tout employé de l’UNRWA impliqué dans le massacre du 7 octobre « doit être tenu pour responsable, y compris par le biais de poursuites pénales ».

Antonio Guterres s’est pour sa part dit « horrifié » et a ordonné un « examen indépendant, urgent et exhaustif ». Mais 24 heures plus tard, l’UNRWA n’avait pas précisé sur combien de membres de son personnel il allait décider d’enquêter. Créée en 1949, cette organisation gère 58 camps de réfugiés qui accueillent plus de 1,5 million de personnes dans la bande de Gaza, en Cisjordanie, à Jérusalem-Est, en Jordanie, au Liban et en Syrie et offre une aide dans des domaines tels que l’alimentation, la santé, l’éducation et les services sociaux.

Selon le New York Times, certains employés de l’UNRWA sont soupçonnés d’avoir kidnappé des Israéliens, transporté des munitions et le corps sans vie d’un soldat, et également participé à l’assaut meurtrier d’un kibboutz le 7 octobre. En fait, ce jour terrible, alors que le massacre avait lieu, les employés de l’UNRWA à Gaza ont célébré l’attaque. 

UN Watch, l’ONG suisse qui observe les activités de l’ONU3, écrivait dans un récent rapport : « Dès que la nouvelle de l’horrible massacre a été annoncée, retransmise en direct sur les réseaux sociaux par certains terroristes, le personnel de l’UNRWA a célébré et justifié sur Facebook. (…) L’UNRWA est depuis ses débuts un terrain fertile pour les terroristes palestiniens. (…) Les auteurs du massacre olympique de Munich de 1972, au cours duquel 11 athlètes israéliens ont été assassinés (…) presque tous ont été élevés et éduqués dans les écoles de l’UNRWA. De même, Mohamed Deif, le commandant des Brigades Al Qassem du Hamas qui ont planifié le massacre du 7 octobre, a également été scolarisé dans une école de l’UNRWA. »

Selon l’agence de presse AP, « l’ONU compte 13 000 employés dans la petite bande de Gaza. Ils savent exactement ce qui se passe (…) Tout le monde savait que l’infrastructure terroriste du Hamas se trouvait dans les complexes hospitaliers, où Israël n’attaquerait pas ». « Ils ont menti au monde pendant 16 ans en décrivant Israël comme le méchant. »

UN Watch note que l’OTAN a publié un rapport en 2019, qui disait : « Le Hamas (…) utilise des boucliers humains dans les conflits avec Israël depuis 2007. Selon le Statut de la Cour pénale internationale (CPI), le crime de guerre consistant à utiliser des boucliers humains englobe ‘l’utilisation de la présence d’un civil ou d’une autre personne protégée pour immuniser certains points, zones ou forces militaires des opérations militaires’. Le Hamas a lancé des roquettes, positionné des routes et des centres d’infrastructures militaires et engagé le combat contre les Forces de défense israéliennes (FDI) depuis ou à proximité de zones résidentielles et commerciales ».

Enfin, l’autre scandale majeur que traîne l’ONU est le rapport sur la sexualité et la santé des enfants et des jeunes dans le monde. En collaboration avec ses agences Unicef, OMS, Unaids et Unfpa, entre autres, un document pseudo-scientifique conjoint de 139 pages4 vise à contribuer à développer, parmi le personnel des éducateurs et des techniciens de la santé, l’hypersexualisation des mineurs et les techniques de sexualisation des enfants, ce qui met des millions de mineurs en Europe et dans le tiers monde en grand danger psychologique. Ce rapport, qui fait également des ravages en Colombie, sert de manuel de mode d’emploi pour mener des expériences infâmes dans les écoles et collèges des cinq continents. Ce plan vise par exemple à encourager les enfants de cinq à huit ans à avoir des relations sexuelles et amoureuses « dans le respect ». Pour les enfants de 9 ans et plus, il est recommandé d’avoir recours à « la pornographie, la masturbation, l’attirance et la stimulation sexuelles ».

Est-ce donc cette ONU qui entend s’imposer comme le précepteur de la Colombie en matière politique et judiciaire ? L’État colombien, les branches du pouvoir public et les citoyens qui défendent la démocratie représentative doivent s’opposer aux directives inadmissibles d’une organisation contrôlée aujourd’hui par les dictatures les plus désastreuses et anti-occidentales de la planète.

© Eduardo Mackenzie (@eduardomackenz1) pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

Notes

  1. Voir l’article de Michael Taube en espagnol sur La linterna azul ↩︎
  2. Le 7 octobre 2023, le Hamas a mené un pogrom massif en Israël, avec 3 000 terroristes, au cours duquel ils ont tué près de 1 200 personnes. Ils ont également pris en otage 253 personnes, pour la plupart des civils, et les ont emmenées à Gaza. Israël a répondu par une campagne militaire visant à détruire le Hamas, à le chasser du pouvoir à Gaza et à libérer les otages. ↩︎
  3. https://unwatch.org/fr/
    https://unwatch.org/the-case-against-unrwa/ ↩︎
  4. International Technical  Guidance on Sexuality Education. The rationale for sexuality education Volume I, An evidence-informed approach for schools, teachers and health educators
    https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000183281
    https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000260770 ↩︎

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