Publié par Guy Millière le 22 février 2024

Avant de quitter Moscou, le propagandiste Tucker Carlson, jouant son rôle d’idiot utile, a réalisé quelques vidéos pour montrer son admiration pour la Russie sous Poutine, et son mépris pour son propre pays.

L’une a été réalisée dans le métro de Moscou, qu’il a défini comme superbe et très propre : il est vrai que dans les dictatures, les transports en commun, collectivistes, sont privilégiés et que nombre de gestes incorrects, considérés comme insignifiants dans une démocratie, peuvent conduire en prison. Une autre vidéo a été réalisée dans un supermarché de la marque Auchan.

Ce que Tucker Carlson a oublié de dire est que ce genre de supermarché est peu ou prou réservé à la nomenklatura du régime et que les cent dollars qu’il a dépensés représentent, au vu des salaires moyens russes, une somme sans commune mesure avec ce que représentent cent dollars pour un salarié américain. Ce qu’il oublie de dire aussi est que Moscou est, avec Saint Pétersbourg, la vitrine du régime. Et Tucker Carlson a laissé de côté la misère qui existe dans une large part du reste de la Russie, le niveau de vie très bas de l’immense majorité de la population russe, l’absence en Russie de liberté de parole et de l’essentiel des libertés individuelles qui existent aux Etats-Unis où la population est en moyenne six fois plus riche que la population russe et où même les pauvres ont un niveau de vie supérieur à celui des trois quarts des Russes (il y a, bien sûr, aux Etats-Unis des gens tombés dans la déchéance en raison de l’alcool et de la drogue, mais il y en a en Russie aussi).

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En regardant ces vidéos et en écoutant Tucker Carlson critiquer son pays, on est surpris qu’il n’ait pas décidé de pratiquer la poutinolâtrie à plein temps et d’accepter un emploi à la télévision russe : sans doute trouve-t-il encore quelques avantages dans le fait d’être américain.

Tout comme il n’a pas parlé à Poutine des nombreux et abominables crimes de guerre que celui-ci a fait commettre en Tchétchénie, en Syrie et maintenant en Ukraine, et tout comme il n’a pas parlé des centaines de milliers de Russes que Poutine a envoyé à l’abattoir en Ukraine, Tucker Carlson n’a pas non plus parlé à Poutine de la façon dont il traite ses opposants.

Ceux d’entre eux qui n’ont pas choisi de trouver refuge hors de Russie ont, en général, fini assassinés. Certains de ceux qui avaient trouvé refuge en Occident ont fini assassinés aussi. Nombre d’oligarques qui étaient en désaccord avec Poutine depuis l’invasion de l’Ukraine ont été “suicidés”, et leur famille n’a pas été épargnée. La journaliste russe la plus connue à avoir subi ce triste sort a été Anna Politovskaia, mais il y en a eu d’autres. L’opposant à Poutine le plus connu avant Alexeï Navalny était Boris Nemtsov, abattu à la mitraillette sur un pont de Moscou. Les “suicides” d’oligarques ont pris des formes variées : empoisonnements, chute par une fenêtre, découpage à la hache. Pour avoir défié Poutine, Evgueni Prigogine a fini désintégré avec l’avion dans lequel il se déplaçait (c’était un criminel et il n’avait rien avoir avec des opposants adeptes de démocratie et de liberté, je sais).

Alexeï Navalny a eu des positions très nationalistes dans le passé et ne peut pas exactement être placé dans la même catégorie que des opposants russes en exil tels que Gari Kasparov, mais il n’en était pas moins devenu le principal opposant politique à Poutine, il défendait la démocratie et il critiquait la corruption. Poutine a tenté de le faire empoisonner au novitchok, il a réussi à survivre grâce à des soins administrés en Allemagne. Il a choisi de rentrer en Russie plutôt qu’être un opposant en exil, en sachant ce qui l’attendait. Il n’a pas survécu très longtemps. Plutôt que le faire empoisonner une seconde fois, Poutine a choisi un moyen inspiré des pratiques d’un homme qu’il admire, le criminel contre l’humanité Joseph Staline. Après un procès de Moscou sans fondement, Poutine a envoyé Navalny dans un camp de concentration, partie intégrante du goulag russe. Navalny a été maltraité, torturé, a souffert de malnutrition. Il a été envoyé de plus en plus loin, et a fini dans le camp de Charp, proche du cercle polaire, auquel on ne peut accéder par la route et où il fait quarante degrés Celsius en dessous de zéro. Poutine lui a infligé une mort lente et cruelle. Sa famille au moment où j’écris n’a pu disposer du corps.

Les admirateurs français et suisses du dictateur criminel Poutine ont poussé l’ignominie jusqu’à dire qu’Alexeï Navalny était un escroc et ont fait comme les communistes des années 1930 : ils ont dit que dans les procès de Moscou intentés à Navalny, tout était fondé. Dire que ces gens sont ignobles est insuffisant : ils sont répugnants. Ils se situent aujourd’hui à l’extrême droite.

Certains politiciens aux penchants poutiniens, tels Marine Le Pen, ont dit que Navalny était peut-être coupable, mais ne méritait pas un traitement inhumain. Éric Zemmour a dit que Navalny est mort en prison pour avoir “usé d’un droit fondamental : la liberté d’expression”. C’est très insuffisant. Ni Marine Le Pen ni Éric Zemmour n’ont incriminé Vladimir Poutine et ne l’ont appelé dictateur.

La plupart des commentateurs occidentaux ont dit que Navalny est mort tragiquement et est mort en raison du régime en place en Russie. La plupart n’ont pas utilisé le mot dictateur eux non plus. C’est une faute grave.

Ce qu’ils ont dit sur le régime de Poutine est resté aseptisé et toujours marqué par la volonté d’être “politiquement corrects”.

C’est cette même volonté que les conduit à voir qu’à Moscou se pratique une justice politique odieuse, mais à ne pas voir qu’aux Etats-Unis sous Biden, la justice politique se pratique aussi.

Les procès intentés à Donald Trump sont des procès politiques odieux, tout comme les procès de Moscou sous Vladimir Poutine. Ils ne conduiront pas à envoyer Donald Trump dans un camp de concentration, mais l’esprit totalitaire qui les sous-tend est le même que celui qui règne à Moscou, et ils veulent ruiner Trump, le dépouiller de ses biens et l’envoyer en prison, simplement et strictement parce qu’il est le principal obstacle à leur volonté de transformer les Etats-Unis en un pays socialiste régi par un parti unique. D’autres procès ont été intentés à Washington à des manifestants qui étaient dans la ville le 6 janvier 2021, et ces procès étaient eux-mêmes aussi biaisés que les procès de Moscou sous Vladimir Poutine. Des centaines d’Américains ont été envoyés en prison et y croupissent, et leur seul crime est d’avoir contesté le résultat de l’élection présidentielle de novembre 2020 et d’avoir dénoncé les fraudes commises. Plusieurs parmi eux se sont suicidés en prison. Personne n’en parle en Europe!

Condamner l’esprit totalitaire qui règne en Russie et qui a conduit à la mort d’Alexeï Navalny est indispensable, et je n’ai cessé de le faire. Des journalistes occidentaux le font, de manière souvent trop feutrée à mes yeux.

Condamner les engrenages totalitaires enclenchés par l’administration Biden aux Etats-Unis serait indispensable, car ils sont imprégnés d’un esprit totalitaire. Je ne cesse de le faire. Des journalistes conservateurs américains le font. En Europe, aucun journaliste ne le fait.

Quand on défend la liberté et la démocratie, on ne le fait pas de manière sélective. Quand on le fait de manière sélective, on cesse en réalité de défendre la liberté et la démocratie.

Je cite pour terminer une déclaration très juste de Newt Gingrich : “La mort de Navalny en prison est un rappel brutal du fait qu’emprisonner des opposants politiques est inhumain et constitue une violation de tous les principes d’une société libre. Regardez l’administration Biden s’exprimer contre Poutine et contre l’emprisonnement de son principal adversaire politique, cela pendant que les Démocrates de quatre juridictions différentes tentent de transformer le président Trump en un Navalny américain. L’hypocrisie et la corruption de la gauche sont incroyables”.

Une déclaration tout aussi juste de Donald Trump pour finir : “La mort soudaine d’Alexeï Navalny m’a rendu davantage conscient de ce qui se passe dans notre pays. Il s’agit d’un processus lent et régulier: des politiciens, des procureurs et des juges de gauche radicale nous conduisent sur la voie de la destruction. Les frontières ouvertes, les élections truquées et les décisions judiciaires manifestement injustes détruisent l’Amérique”.

Il faut regarder en face l’ignominie incarnée par Vladimir Poutine. Et il ne faut pas détourner les yeux: les Démocrates et la gauche radicale s’efforcent de conduire les Etats-Unis sur le chemin de l’ignominie: ils doivent être arrêtés avant qu’il ne soit trop tard.

Guy Millière

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