Publié par Abbé Alain René Arbez le 14 février 2024

Valentin était un évêque romain.

Il fut décapité sur ordre de l’empereur Claude en 268, parce qu’il avait transgressé les décisions impériales en osant célébrer un mariage chrétien entre Serapia et Sabin. A l’époque se déroulait chaque printemps la fête des Lupercales, donnant l’occasion à de jeunes hommes et à de jeunes femmes de laisser le hasard désigner par tirage au sort les partenaires d’un jour. 

Ces festivités orgiaques étaient organisées sous le patronage de la déesse Junon et du dieu Pan, et les prêtres de Lupercus organisaient des fêtes hystériques. Face à ces solennités païennes et à leurs débordements, des chrétiens voulurent réagir en mettant en valeur  l’amour véritable entre un homme et une femme. Ils se situaient à l’évidence à contre-courant de l’opinion majoritaire où tout était permis! Ils s’inspiraient de la magnifique prière biblique de Tobie et Sara (Tb 8,4) :

« Nous sommes les descendants d’un peuple de saints, nous ne pouvons pas nous unir comme des païens qui ne connaissent pas Dieu ! Seigneur, tu le sais, si j’épouse cette fille d’Israël, ce n’est pas pour satisfaire mes passions. Mais c’est seulement par désir de fonder une famille qui bénira ton nom dans la suite des siècles.. » 

Serapia et Sabinn’étaient nullement desrabat-joie complexés, mais des êtres convaincus que l’amour vraiment respectueux des personnes est fondé sur un engagement mutuel, selon les valeurs éthiques de la Parole de Dieu. 

D’après la chronique, Serapia et Sabin ont fait appel à l’évêque Valentin pour qu’il bénisse leur union basée sur un amour réciproque, sincère et définitif. Comme pour d’autres mariages semblables célébrés par Valentin en infraction des décrets de l’empereur, ces démarches furent aussitôt réprimées par le martyre. (Il faut préciser qu’une des raisons d’interdiction du mariage – outre la licence des mœurs omniprésente – était qu’un soldat marié avait moins de motivation pour partir faire la guerre). 

Mais comment les opinions modernes en sont-elles arrivées à confondre le témoignage courageux de Valentin avec ce Cupidon capricieux, décochant ses flèches pour des partenariats sans lendemains ? 

Devenez “lecteur premium”, pour avoir accès à une navigation sans publicité, et nous soutenir financièrement pour continuer de défendre vos idées !

En tant que lecteur premium, vous pouvez également participer à la discussion et publier des commentaires.

Montant libre






On entend souvent l’argument selon lequel l’Eglise aurait été assez habile, dans les premiers siècles,  pour évangéliser des rites païens. Or, si l’on observe bien le cours des choses, c’est exactement l’inverse qui s’est produit ici : la Saint Valentin, initialement dédiée à une union loyale et durable, est devenue la fête des amoureux pour partenaires provisoires. A l’inverse des idées reçues, la société a donc paganisé et popularisé une fête aux motivations spirituelles, en occultant ses dimensions éthiques initiales. 

Mais c’est au XIV° siècle que la Grande Bretagne a popularisé la St Valentin pour les amoureux. Il se trouve que le promoteur de la célébration était un Vaudois établi outre-Manche, le capitaine Othon de Grandson, qui dans ses poèmes mettait en valeur les serments d’avenir que se font les véritables âmes sœurs (« Le souhait de Saint Valentin »). William Shakespeare fait mention de la St Valentin dans Hamlet : il compare poétiquement les amoureux qui échangent de doux messages avec les oiseaux qui commencent leurs approches nuptiales au printemps. 

C’est cette mise en valeur de l’amour d’un couple qui aurait préparé ce qui donnera naissance au jeu médiatique tel qu’on le connaît aujourd’hui. 

Finalement, il est tout de même étonnant de voir le courageux évêque St Valentin – qui a donné sa vie pour avoir consacré d’authentiques mariages – devenir à notre époque un logo publicitaire de rencontres frivoles sous l’égide de Cupidon, fils de Vénus et de Mars dans la mythologie romaine.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

Abonnez-vous sans tarder à notre chaîne Telegram, pour le cas où Dreuz soit censuré, ou son accès coupé. Cliquez ici : Dreuz.Info.Telegram.

Inscrivez-vous gratuitement pour recevoir chaque jour notre newsletter dans votre boîte de réception

Si vous êtes chez Orange, Wanadoo, Free etc, ils bloquent notre newsletter. Prenez un compte chez Protonmail, qui protège votre anonymat

Dreuz ne spam pas ! Votre adresse email n'est ni vendue, louée ou confiée à quiconque. L'inscription est gratuite et ouverte à tous

En savoir plus sur Dreuz.info

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Continue reading