Publié par Michèle Mazel le 16 mars 2024

Les atrocités du 7 octobre rappellent le souvenir d’autres atrocités un peu oubliées aujourd’hui.

Au lendemain de la défaite de l’Empire ottoman, lors de la Première Guerre mondiale, les grandes puissances victorieuses se partagent ses dépouilles. Les Français veulent établir leurs mandats en Syrie et au Liban, tandis que l’émir Fayçal revendique ces territoires dans son royaume de Grande Syrie incluant la Palestine.

Il n’aura pas gain de cause.

Le mandat sur la Palestine est attribué à la Grande-Bretagne, qui est tenue de «placer le pays dans des conditions politiques, administratives et économiques qui permettront l’établissement d’un foyer national juif et le développement d’institutions d’autogouvernement», ainsi que de «faciliter l’immigration juive et encourager l’installation compacte des Juifs sur les terres».

Le gouvernement britannique s’empresse pourtant de détacher les quatre-cinquièmes de la Palestine mandataire en 1923 pour les offrir à un autre Fayçal, son allié du Hedjaz, qui se proclame émir de Transjordanie.

On remarquera que cet exposé factuel est aujourd’hui largement oblitéré au profit d’un narratif parallèle purement imaginaire. Quoi qu’il en soit, la tension monte sur le reste de la Palestine, où des heurts opposent Juifs et Arabes.

Il y a à Hébron, cité des patriarches, une petite communauté juive, la plus ancienne de Palestine, car sa présence est attestée depuis le douzième siècle. Elle est composée de Juifs pieux, en majorité séfarades, qui se tiennent à l’écart des événements qui secouent le pays. Et pourtant, ils ne seront pas épargnés. La rumeur venue de Jérusalem disant qu’«Al Aksa est en danger», va transformer amis et voisins arabes en une meute féroce le 24 août 1929. Attention, âmes sensibles s’abstenir.

«Une cinquantaine de Juifs et de Juives s’étaient réfugiés hors du Ghetto à la Banque Anglo-palestinienne, dirigée par l’un des leurs. Ils étaient dans une pièce. Les Arabes, les soldats du grand mufti, ne tardèrent pas à les renifler. C’était le samedi 24, à neuf heures du matin. Ayant fait sauter la porte de la banque…Mais voici en deux mots. Ils coupèrent des mains, ils coupèrent des doigts, ils maintinrent des têtes au-dessus d’un réchaud, ils pratiquèrent l’énucléation des yeux. Un rabbin, immobile, recommanda à Dieu ses Juifs : on le scalpa. On emporta sa cervelle. Sur les genoux de Mme Sokolov, on assit tour à tour six étudiants de la yeshiva, et elle vivante, on les égorgea. On mutila les hommes. Les filles de treize ans, les mères et les grand-mères, on les bouscula dans le sang et on les viola en chœur.»

Ce récit est dû au journaliste Albert Londres, envoyé par «Le Petit Parisien» enquêter sur la situation, qui publie en 1930 «Le Juif errant est arrivé.»

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Sa véracité est attestée par les propos du Haut-commissaire britannique, qui après s’être rendu à Hébron, avait condamné publiquement, le 1er septembre 1929, les «meurtres […] perpétrés sur les membres sans défense de la population juive — sans égard pour l’âge ou le sexe — accompagnés […] d’actes d’une sauvagerie indicible, de pillage et de destruction de propriétés.»

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Michèle Mazel pour Dreuz.info.

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