Publié par Gilles William Goldnadel le 5 mars 2024

Les questions surréalistes posées par les députés Insoumis lors de l’audition de CNews à l’Assemblée nationale, jeudi 29 février, ont montré l’esprit de censure grandissant dans notre société, s’inquiète Gilles-William Goldnadel.

À toute chose malheur est bon, prétend le dicton. Il est vrai que la manière haineuse autant que grotesque dont les députés d’extrême-gauche Aymeric Caron et Aurélien Saintoul auront questionné les représentants de CNews, dans le cadre de la commission d’enquête sur l’attribution des fréquences de la TNT, n’aura pas grandi les deux parlementaires. Ceci pour dire les choses sobrement. L’auteur de la présente chronique ne saurait prétendre à la neutralité totale, collaborant à la chaîne de télévision précitée. Mais il échouerait, malgré tous ses efforts, à être aussi mordant que bien des commentateurs, n’ayant avec ladite antenne que des rapports ténus.

Je conseille notamment l’article émanant de la rédaction de Marianne : « Commedia dell’arte. De l’inquisiteur Saintoul au sketch Caron : le bêtisier de l’audition de CNews par la commission d’enquête ». Je recommande encore la remarque de Denis Olivennes sur X : « Les LFI de la commission d’enquête : Une pub pour CNews ! Des inquisiteurs méprisants devant Pascal Praud, Laurence Ferrari ou Sonia Mabrouk qui sont ce qu’on veut mais de bons professionnels, des questions ultra-partisanes, une image sectaire de l’Assemblée Nationale, ça faisait froid dans le dos ». Jusqu’à Libération sur un autre registre : « Les Insoumis sont pénibles, ils nous obligent à défendre Nathalie Saint-Cricq et, pire, Pascal Praud. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon renoue avec des attaques ad hominem détestables ». Seul Le Monde aura trouvé le moyen de ne pas relater dans son compte rendu de l’audition des membres de CNews, ces questions indécentes qui auront entraîné une telle réprobation.

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C’est ainsi qu’Aymeric Caron, de Révolution écologique pour le vivant (REV), aura trouvé le moyen de poser cette demande surréaliste à Serge Nedjar, ès qualités de directeur général de CNews : « Monsieur Nedjar, est-ce que vous connaissez le nombre d’enfants, de femmes et d’hommes qui ont été tués par l’armée israélienne à Gaza depuis le 8 octobre ? ». Une double obscénité en un seul questionnement : quel rapport entre les obligations professionnelles de Serge Nedjar et la question palestinienne ? À supposer même, par hypothèse hardie, qu’il y en ait eu un, que le questionné aurait été incapable de répondre avec pertinence à la question osée, nul en ce moment ne connaissant le nombre précis de morts collatérales, occasionnées involontairement par une riposte militaire brutale à une agression terroriste infernale. Seul Aymeric Caron se flatta de le connaître en exhibant publiquement la manchette de Libération. Nul ne crut lui faire remarquer que le quotidien ne précisait pas sur sa « Une » qu’il s’agissait du bilan annoncé par le Hamas.

On ne fera pas grief à Serge Nedjar, directeur d’une chaîne d’information, de ne pas tenir les informations émanant d’une organisation terroriste pour le Journal Officiel. Même s’il est vrai que certaines chaînes publiques ou certains journalistes autoproclamés sérieux et objectifs, ont tendance à le faire par un réflexe idéologique assez effrayant. S’agissant d’Aymeric Caron, son obsession de ramener la question de la Palestine à des sujets étrangers à celle-ci est ancienne autant que récurrente. C’est ainsi que lorsqu’il œuvrait sur France 2 chez Laurent Ruquier, il trouva le moyen de faire observer à un Alexandre Arcady éberlué, venu présenter son film sur Ilan Halimi assassiné en France par le gang des barbares, que mouraient également des enfants en Palestine…

J’attends avec une impatience non dissimulée une commission d’enquête parlementaire – mais diligentée avec plus de finesse et d’honnêteté – concernant le respect de son cahier des charges par l’audiovisuel public subventionné, du pluralisme et de la neutralité.

La deuxième question posée par le député Insoumis Aurélien Saintoul, à l’origine de la création de cette commission, reprenait la même thématique obsessionnelle avec la même incongruité. Devant les questionnés, qualifiés « d’armée mexicaine », le parlementaire distingué qualifia élégamment de « blabla » les réponses de Laurence Ferrari, et de nouveau, à un Serge Nedjar décidément très sollicité sur le sujet pour des raisons qui tiennent peut-être à l’inconscient antisioniste tourmenté, osa cette nouvelle question : « Condamnez-vous l’assassinat de journalistes palestiniens et la censure par le gouvernement israélien ? ». La pertinence de cette question échappa manifestement au président de la Commission, le député Renaissance Quentin Bataillon, qui observa : « Demander cette condamnation personnelle ne répond pas à l’objet de cette Commission d’enquête ». J’eusse été sans doute encore plus martial que Quentin Bataillon.

Mais la légitime volée de bois vert qu’ont reçue les petits inquisiteurs dressant bûcher, sortes de Torquemada de sous-préfecture, ne doit en rien cacher l’inquisition qui flambe. On aurait tort de ne pas voir que l’esprit de censure est partout grandissant. Il est dans le wokisme qui réforme l’écriture pour inclure « celles et ceux ». Il est chez ces artistes qui font leur cinéma de la gentillesse mais empêchent la sortie des films ou de tourner des hommes qui ont pour seul tort d’être accusés. Il est dans les César de la lâcheté qui coupent au montage de leurs déplorations les scènes du sept du mois d’octobre. Il est dans des décisions de la Cour européenne des droits de l’homme, du Conseil d’État ou du Conseil constitutionnel qui ne sauraient être critiquées sans outrage car elles n’émanent pas d’une Cour Suprême conservatrice mais de juges progressistes. Il est dans les projets européens effrayants de censurer les discours « qui appellent à la révolte » (contre l’immigration subversive ?) ou les « deep fakes », selon l’appréciation subjective de fonctionnaires idéologues.

Et il y a peut-être encore plus périlleux que cette censure qui vient, c’est son esprit sélectif. C’est ainsi que ce samedi, un article du Monde regardait avec inquiétude cette « inflation de procédures » poursuivant les apologies du pogrom du 7 octobre. L’article citait complaisamment autant qu’unilatéralement des défenseurs de la liberté d’opinion. Je n’ai pas lu, par exemple, pareille posture libertaire pour défendre un Éric Zemmour quand il s’en est pris vertement à l’Islam ou à l’immigration. De même, j’attends avec une impatience non dissimulée une commission d’enquête parlementaire – mais diligentée avec plus de finesse et d’honnêteté – concernant le respect de son cahier des charges par l’audiovisuel public subventionné, du pluralisme et de la neutralité.

Cette censure qui monte, l’acharnement féroce contre CNews, n’ont qu’une seule raison : un succès populaire vécu comme la libération d’un monopole médiatique à sens idéologique unique.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. Publié dans Figaro Vox.

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