Publié par Guy Millière le 2 avril 2024

Je n’ai pas, depuis des semaines, parlé de la guerre menée par le dictateur criminel russe contre l’Ukraine, et je pense utile d’y revenir.

L’une des nouvelles de ces dernières semaines a été la réélection du dictateur criminel russe avec près de 90 pour cent des voix (un peu plus de 87 pour cent pour être exact). Il fait moins bien que Joseph Staline, un criminel contre l’humanité qu’il admire, mais c’est parce qu’il veut sauver des apparences “démocratiques” qui ne trompent personne. Le score obtenu par le dictateur criminel russe est incontestablement celui d’un dictateur, oui. Il semble que la propagande intensive déversée par la télévision officielle russe fonctionne, et qu’une grande majorité des populations de la fédération de Russie soutienne le dictateur : il arrive effectivement que la propagande fonctionne, hélas, et quand bien même elle n’explique pas entièrement le score obtenu, elle l’explique partiellement.

Nombre de Russes semblent penser que le monde occidental menace la Russie, qui doit dès lors se battre. Cela ne correspond aucunement à la réalité : si le dictateur criminel russe n’avait pas agressé l’Ukraine, il n’y aurait pas de guerre, et il y a la guerre uniquement parce que le dictateur criminel russe l’a déclarée. Et il l’a déclarée il y a dix ans, en 2014, en annexant la Crimée par la force et en armant des milices qui ont créé deux pseudo républiques séparatistes dans le Donbass ukrainien. C’est le dictateur criminel russe qui menace, agresse ses voisins, commet des crimes de guerre. Et le prétexte utilise par le dictateur criminel ne tient pas. La volonté de l’Ukraine de rentrer dans l’OTAN n’est qu’un prétexte : l’OTAN est une alliance défensive, un pays souverain a le droit de choisir ses alliances, et l’Ukraine a le droit de choisir ses alliances.

Une autre nouvelle de ces dernières semaines a été la déclaration d’Emmanuel Macron envisageant le déploiement de troupes françaises en Ukraine, et disant que la défaite de la Russie est indispensable. Les déclarations de Macron découlent sans aucun doute de sa volonté de ne pas laisser le Rassemblement National gagner trop largement lors des élections européennes, et elles ont une dimension de politique politicienne, mais cela ne signifie pas qu’elles sont totalement fausses. L’armée française n’a pas les moyens de se déployer en Ukraine et encore moins d’y combattre, c’est exact, mais c’est tout aussi exact, la défaite de la Russie est indispensable, car la Russie est non seulement un pays aux mains d’un dictateur criminel, mais un allié de l’Iran des mollahs, de la Chine communiste, de la dictature de Kim Jong-un en Corée du Nord et du Hamas à Gaza. Une non défaite de la Russie serait une menace accrue pour l’Europe centrale, pour Taïwan, pour la Corée du Sud, pour Israël. Vaincre la Russie, je le précise à l’attention de ceux qui parlent de guerre nucléaire et qui élaborent des scénarios apocalyptiques pour cacher leur volonté de soumission au dictateur criminel russe, n’implique pas de mener une offensive sur le sol russe, mais de faire comprendre concrètement à Poutine qu’il ne gagnera pas, et qu’il doit renoncer et se retirer. Poutine n’utilisera pas l’arme atomique et n’élargira pas la guerre.

Et de fait, vaincre la Russie est possible, car la Russie n’est pas aussi puissante que les admirateurs du dictateur criminel russe l’imaginent. Les revenus du pays ont fortement baissé depuis deux ans : vendre du pétrole et du gaz à la Chine et à l’Inde rapporte beaucoup moins qu’en vendre à l’Europe, et la Russie n’exporte rien sinon du pétrole et du gaz (et depuis quelques années du blé). La Russie n’est pas une puissance industrielle, et moins encore une puissance post-industrielle. Une part massive du budget de la Russie est présentement consacrée à la guerre (40 pour cent environ), ce qui est absolument énorme et se fait au détriment de tous les autres secteurs. La Russie doit puiser dans ses réserves financières pour financer l’effort de guerre (les recettes fiscales ne suffisent pas , loin de là) et au rythme actuel, ces réserves seront tombées à zéro dans un délai maximum de dix-huit mois. Le nombre de blessés et de morts par jour sur le front s’accroit et n’est pas tenable très longtemps, et quand bien même l’Ukraine connait aussi un nombre de morts important et est trois fois moins peuplée, les Ukrainiens se battent pour leur survie et le savent, ce qui n’est pas le cas des membres de la fédération de Russie, et ce n’est pas un hasard si ceux qui sont envoyés au front viennent essentiellement des régions asiatiques de la fédération et ne sont pas russes.

Le dictateur criminel russe a gravement porté atteinte au futur de son pays en déclenchant la guerre, qu’il pensait gagner vite. Il ne s’attendait pas à ce que la guerre dure aussi longtemps et son obstination à la poursuivre est ruineuse pour la Russie.

Poutine voulait que la Russie retrouve un rang de puissance mondiale : elle ne le retrouvera jamais. Elle est essentiellement un pays en voie de sous-développement avec une armée qui reste puissante grâce à des dépenses militaires démesurées et intenables dans la durée. Poutine utilise son armée aux fins de poursuivre la quête d’une puissance perdue, ce qui le rend dangereux, mais il ne pourra pas continuer très longtemps.

En ayant provoqué la fuite d’un million de Russes disposant d’un capital humain important, Poutine a, dans une époque où le capital humain est le capital le plus précieux, accéléré le glissement de la Russie vers le sous-développement.

Ce que je viens d’écrire ne signifie pas que Poutine va s’arrêter dans l’immédiat, bien au contraire. Ses propos sont clairs : il est dans une fuite en avant. Les propos de Dimitri Medvedev, qui est très proche de Poutine, sont très clairs aussi. Poutine n’est prêt à aucun compromis et préférerait ruiner son pays qu’arrêter la guerre. Il se considère en guerre contre le monde occidental. Il veut détruire l’Ukraine autant qu’il le peut, et affaiblir et déstabiliser l’Europe. Il pense que le monde occidental va s’épuiser et se lasser, ce qui lui permettra de gagner. Il ne connait que les rapports de force.

Macron ne lui fait pas peur. Olaf Scholz non plus. Les dirigeants de la Pologne, de la Finlande et des pays baltes non plus.

Seul un Président des Etats-Unis serait en mesure de l’inquiéter, et le sénile Joe Biden et sa bande de crétins de gauche ne lui font pas peur du tout. Il sait qu’ils ont aidé l’Ukraine trop peu et trop tard, et que l’administration Biden n’a soutenu l’Ukraine que contrainte à le faire. Il sait que l’administration Biden a donné à l’Ukraine les moyens de résister, pas ceux de gagner. Il sait que l’administration Biden n’a pas même donné à l’Ukraine les moyens de se défendre efficacement et de protéger les villes et les installations énergétiques du pays des tirs de missiles russes. Il sait que l’administration Biden cherche à interdire à l’Ukraine toute frappe touchant le territoire russe et particulièrement toute frappe touchant des installations énergétiques russes. Il sait que l’administration Biden n’est pas une alliée de l’Ukraine, et ne dit strictement rien qui aille contre l’alliance de la Russie avec l’Iran et contre l’alliance entre la Russie, la Chine et la Corée du Nord, ce qui en fait une sorte d’alliée passive de la Russie. Il sait que même si la Chambre des représentants vote l’aide supplémentaire de 60 milliards de dollars que l’administration Biden veut verser à l’Ukraine, ces milliards ne serviront pas à grand-chose dès lors que l’administration Biden ne veut toujours pas fournir d’avions F 16 à l’Ukraine, et ne veut même pas lui fournir davantage de systèmes Patriot, alors qu’elle le pourrait très aisément.

Trump, lui, fait peur à Poutine. Il lui a déjà tenu un langage très dissuasif, dans des conversations privées, tout en lui énonçant des éloges en public, aux fins de ne pas paraitre agressif. Quand Poutine a envoyé des membres du groupe Wagner attaquer les positions de forces spéciales américaines dans les régions kurdes de Syrie, Trump a donné immédiatement l’ordre d’éliminer les membres du groupe Wagner, et cela a été fait rapidement.

Trump veut la fin rapide de la guerre et imposer à Poutine un arrêt des combats. Il est le seul à pouvoir y parvenir, et il y parviendra très vraisemblablement s’il est élu.

Il posera des conditions à Poutine dont il ne veut pas la chute (il sait que Poutine serait prêt au pire plutôt que risquer de tomber). Il cherchera à imposer une issue préservant l’Ukraine et permettant aussi à Poutine de ne pas paraitre totalement vaincu. Il dira sans doute que l’Ukraine, pour l’heure, n’entrera pas dans l’OTAN, ce qui permettra à Poutine de dire qu’il a obtenu que l’Ukraine ne soit pas dans l’OTAN. Il passera néanmoins des accords de défense liant l’Ukraine aux Etats-Unis.

Ce qui sera au cœur des négociations sera le statut du Donbass et celui de la Crimée. Poutine demandera de garder le Donbass et la Crimée. Trump proposera sans doute (c’est ce qui se dit à Washington) que Donbass et Crimée aient un statut de régions autonomes au sein de l’Ukraine. Il ne pourra pas accepter leur annexion à la Russie : ce serait infliger une défaite à l’Ukraine. Ce serait aussi infliger une défaite aux Etats-Unis, et Trump n’a jamais placé les Etats-Unis en position de défaite.

Les modalités exactes ne seront, le cas échéant, déterminées que lorsque des négociations auront lieu. Ces négociations, contrairement à ce qui se dit en France, ne seront aucunement une capitulation américaine. Je sais que de nombreux commentateurs français ont une telle haine de Trump que l’idée de lire ce qu’il dit, ou d’écouter des conseillers militaires de Trump tels que Sebastian Gorka, est impensable pour eux, mais s’ils le faisaient cela les instruirait.

S’il est élu, Trump exigera que les pays européens membres de l’OTAN accroissent leurs efforts de défense, mais ne quittera pas l’OTAN. Il entend pousser les dirigeants européens réticents à cesse de se comporter en assistés, c’est tout, et il a raison.

Poutine restera, si Trump est élu, un dictateur criminel et restera poursuivi internationalement pour crimes de guerre, et devrait l’être pour crime contre l’humanité et pour les dommages infligés à l’Ukraine.

Si Trump n’est pas élu, l’administration Biden poursuivra sur sa lancée. Et non, ce ne sera pas mieux pour l’Ukraine. Vraiment pas.

L’administration Biden continuera à fournir des armes en trop faible quantité, et ce ne sera pas la faute des Républicains : ce n’est dès à présent pas la faute des Républicains et l’administration Biden, en présentant une loi mêlant l’aide à l’Ukraine et à Taïwan à une acceptation officielle du flux d’immigrants illégaux entrant dans le pays (la loi disait que les Etats-Unis accepteraient l’entrée de 5000 immigrants illégaux par jour dans le pays, soit 150.000 par mois, et 1.800.000 par an !), s’est conduite de manière particulièrement perverse. L’administration Biden savait que les Républicains ne pourraient voter une loi ainsi conçue, et ne voulait donc pas que la loi soit votée.

L’administration Biden, si elle reste en place, n’empêchera pas Poutine de continuer la guerre, sans donner davantage de moyens à l’Ukraine et finira, elle, par capituler. Les conséquences pour l’Ukraine seront catastrophiques. Une réélection de Biden serait tout aussi catastrophique pour Israël, pour Taïwan, et pour l’Europe, en supplément d’être catastrophique pour les Etats-Unis.

Qu’on ne cesse de dire en France que Trump soutient Poutine, que son élection serait le “jackpot” pour Poutine, et autres inepties du même genre montre tout juste le degré d’aveuglement des commentateurs français dès qu’il s’agit de Trump.

Je dois l’ajouter à nouveau dans ce contexte. Qu’il y ait au sein de la droite française des admirateurs de Poutine montre qu’il y a au sein de la droite française des gens qui apprécient les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité. Je me tiens aussi éloigné d’eux que cela m’est possible et je réprouve totalement leurs positions. Ce sont des ennemis du monde occidental et de sa civilisation.

Nombre de gens se définissant comme géopolitologues en France laissent de côté dans leurs analyses toute dimension éthique et pratiquent le relativisme culturel. En pratiquant le relativisme culturel, ils tolèrent des régimes criminels et acceptent les crimes commis par ces régimes sans les critiquer, en disant que les crimes commis par ces régimes relèvent de différences culturelles. Ils piétinent toutes les valeurs de la civilisation occidentale et semblent souvent avoir un penchant pour le possible avènement d’un monde post-occidental dominé par des dictatures criminelles, Russie, Chine, Iran des mollahs. Je me tiens aussi éloigné d’eux que cela m’est possible, et je réprouve totalement leurs positions. Ce sont des ennemis du monde occidental et de sa civilisation.

Un troisième événement a marqué ces dernières semaines : l’attentat de Moscou. J’ai déjà dit que nombre d’éléments dans cet attentat sont troublants. J’ai dit aussi qu’il servait de prétexte à Poutine pour détruire encore davantage l’Ukraine. Je dis qu’il ne doit pas détourner le monde occidental de l’objectif : vaincre la Russie. Que la Russie puisse être menacée elle aussi par le terrorisme islamique ne cesse pas d’en faire un ennemi du monde occidental. Qu’elle utilise un attentat islamique pour redouble de haine contre l’Ukraine et contre le monde occidental est très significatif et devrait permettre d’y voir clair.

© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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