
Il semblerait que la tendance ait le vent en poupe dans l’Eglise. Les festivals chrétiens se multiplient, en Suisse romande de, en Belgique et en France. Petit ou ambitieux, leur objectif reste identique: vibrer pour la musique et Dieu. Mais peut-on vraiment parler de nouveauté? Petit tour d’horizon pas forcément exhaustif.
Musique, spectacles, jeux, animations, témoignages, et célébrations liturgiques, les festivals chrétiens, à l’instar des Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ), n’ont pas invité de nouvelles recettes. Mais ils connaissent, notamment grâce à la publicité par les réseaux sociaux, un regain d’intérêt auprès des jeunes qui viennent y vivre des moments forts.
Metanoia Festival
En Suisse le Metanoia Festival à Vérolliez près de St-Maurice a pris la succession du Festival ThéoMania il y a deux ans. Des centaines de jeunes et des familles, venus pour la moitié de Suisse romande, et pour l’autre moitié de France, de Belgique et du Luxembourg, y ont participé du 15 au 21 juillet 2019. “800 personnes ont suivi le 19 juillet, le grand spectacle en plein air sur le martyre de saint Maurice et de ses compagnons, réécrit cette année, et dans une nouvelle mise en scène”, confie Frère Didier Berthod, de la Fraternité Eucharistein, qui a organisé l’événement avec Olivier Metzger. Durant la semaine, les festivaliers, venus pour un temps de détente et de réflexion, de découverte et d’écoute de Dieu, de partage et de rencontres, ont assisté chaque jour à des conférences, des témoignages, veillées, ateliers sportifs culturels et caritatifs, sans oublier les spectacles et les concerts.

Plus tôt dans l’année, la 3e édition d’OpenSky s’est déroulée le 30 mars 2019 à Fully (VS). Un millier de jeunes ont participé à ce “petit festival à valeurs chrétiennes“, qui propose spectacle, concerts, animations et la traditionnelle grand-messe. Le festival “liant fun et foi“ a présenté, en plus des animations habituelles, un spectacle joué par une vingtaine de jeunes, retraçant la vie du Bienheureux Pier Giorgio Frassati, ce Turinois mort en 1925 à l’âge de 24 ans.
Belgique : Pour une Eglise jeune et joyeuse
Depuis quelques années, en Belgique, c’est le Choose Life Festival qui réunit les jeunes ados, de 12 à 17 ans, pendant quatre jours, au printemps. Ce festival est organisé par une équipe de coordination, soutenu par le Réseau Jeunesse ignatien, la Pastorale des Jeunes de Bruxelles et la liaison des Pastorales de Jeunes ; il est animé par une quarantaine de jeunes entre 18 et 30 ans. Depuis 2002, le festival conçu pour et par les jeunes leur permet de découvrir Dieu autrement et de faire l’expérience d’une “Eglise jeune et joyeuse”.
“C’est un événement qui se veut pour les jeunes par les jeunes, insiste Eric Vollen sj, initiateur du festival, à l’un de nos confrères en 2015, je crois qu’il n’y a pas beaucoup de lieux dans l’église où ce sont les jeunes qui apportent ce qu’ils ont en eux. […] Les jeunes, ils ont des rêves, ils ont des désirs, ils ont des projets. Ils ont envie de changer le monde et de le rendre meilleur. Et bien, je crois que Dieu il est là.” ajoutait-il alors.
Toujours en Belgique, le SoulQuestfestival a été organisé par la communauté des Béatitudes jusqu’en 2017 à Libramont. Plus récemment, le Youth Festival Medj a vu le jour à Beauraing, animé par un groupe de jeunes, touchés par l’esprit du sanctuaire de Medjugorje.
Welcome to Paradise
En France, certains festivals existent depuis de nombreuses années. Mais côtoient aujourd’hui de nouvelles initiatives.
Comme chaque été depuis 1992, la Communauté du Chemin Neuf invite les jeunes de 18 à 30 ans à vivre un temps fort spirituel à l’Abbaye d’Hautecombe, en Savoie, pour un Festival International baptisé Welcome to Paradise. C’est l’un des plus grands festivals de jeunes chrétiens en France: 1250 jeunes se retrouvent pendant une semaine, début août, dans la localité de Saint-Pierre de Curtille, où se situe l’abbaye d’Hautecombe. L’ambition du festival ? Permettre aux jeunes de vivre une véritable démarche spirituelle de rencontre du Christ et de prière personnelle, afin de répondre à l’appel du Seigneur, et se donner au monde et à l’Église.

La formule “Next Step ” propose aux jeunes de choisir le prochain pas pour aller plus loin dans leur vie humaine ou spirituelle. Dans ce but, des temps de formation (conférences, , workshops à la carte), de détente et de fête (soirée d’ouverture, olympiades, fête Paradise), des temps spirituels (liturgie, école de prière, accompagnement spirituel, louange) sans oublier le sport (parapente, canoë, foot, ski nautique, randonnée) et la fraternité (bar Kawaco, temps de partage) font partie des plus de cinquante propositions offertes sur place, pendant le festival.
Mitt’Him est un festival de musique chrétienne de différents styles musicaux se déroulant le week-end après le 14 juillet dans un camping mosellan à Mittersheim en Moselle. Chaque année, plus de 2’000 personnes venues des quatre coins de la France et des pays limitrophes y participent. Le festival a vu le jour pour la 1ère fois en 2013.”Mitt’Him” est un jeu de mots phonétique avec l’anglais “Meet him” qui veut dire “rencontre-le” (Jésus). Mitt évoquant le nom du village où se déroule le festival: Mittersheim.
Festival Anuncio
Le Festival Anuncio est un Festival de musique et de culture chrétienne, au cours duquel des jeunes missionnaires s’organisent dans un but d’évangélisation. Initié en 2008, le Festival se déroule dans plusieurs villes. Il est une école d’oraison, de mission et d’abandon. Le lancement du festival dure deux jours. Il se termine avec l’envoi par l’évêque dans les différentes villes, La mission par petits groupes dans différentes villes dure 5 jours. Le festival se conclut avec les retrouvailles de tous les missionnaires au ‘festilove’ une grande journée de concerts sur une plage. Pour y vivre une “fête chrétienne” c’est-à-dire centrée sur le Christ.
Le Festi’roc
Le Festi’roc 07 a acquis en onze années d’existence une maturité et une notoriété qui lui permettent de drainer un large public originaire d’Ardèche et des départements limitrophes. L’édition 2019 reste fidèle à l’esprit qui a fait le succès du festival depuis sa création : une musique jeune et moderne, des paroles fortes, une atmosphère de paix et de joie qui dilatent les cœurs et ouvrent à la dimension spirituelle. Il avait pour invitée cette année la chanteuse Natacha St-Pierre.
Festi’Catho
Festi’Catho est un festival, gratuit et ouvert à tous, organisé par les jeunes du diocèse d’Albi. Une grande première qui s’est déroulée les 17 et 18 aout 2019. Ce festival a pour but de réunir toutes les générations autour de différentes activités dans l’esprit et la Bonne Nouvelle de Jésus. Les activités proposées ont permis aux participants d’approfondir leur culture catholique ou simplement de s’amuser. “Nous organisons ce Festi’catho pour la première année. L’idée est venue du groupe d’aumônerie “Jeunes et Croyants ” de la paroisse saint François sainte Claire de Carmaux “, explique Véronique Dupeyroux qui anime ce groupe depuis huit ans. Ces jeunes ont émis le souhait de se retrouver l’été pour une sorte de ” temps fort ” ouvert à tous, pas seulement à la jeune génération, pour “faire union “.
Jesus Festival
Du 21 au 23 août 2020, Paray le Monial accueillera un tout nouveau festival de musique chrétienne qui se veut avant tout familial. Trois jours de fête et de louange où l’on pourra écouter une vingtaine de groupes de musique chrétienne, anglophone et francophone. Jesus Festival s’inspire tant sur le concept que sur la programmation du grand festival de type woodstock (camping) “Big Church Day Out” en Angleterre qui rassemble plus de 25’000 personnes chaque année. C’est lors d’une rencontre avec son responsable et fondateur, Tim Jupp, pianiste du groupe “Delirious”, que l’idée de lancer le “Jesus Festival” en France est née.(cath.ch/cathobel/sd/mp)
La musique est une respiration de l’âme et du cœur qui est premièrement participante du culte rendu à Dieu! Lucifer avant sa chute en était l’archange consacré devant Dieu!
Elle a été longtemps comme codifiée et congelée dans les églises de telle façon que le monde des jeunes de notre époque n’y voyait plus qu’un art ancien, vieillot, a laisser à ceux qui avaient connu un monde aujourd’hui disparu ! Une musique qui s’était comme arrêter d’évoluer avec son époque ! Les musiques modernes interdites d’églises n’étaient donc plus que celle du monde païen !
Mais Dieu veille!
La louange spirituelle a retrouvé des musiciens d’aujourd’hui, qui ne sont pas des amateurs au sens négatif ! La musique est vivante et les églises le reconnaissent et les talents fleurissent chez des artistes plein de foi!
Vous ne citez que de rassemblements catholiques maïs beaucoup d’entre eux ont été et restent très influencés par d’autres du monde évangélique protestant qui a plusieurs années d’avance sur ce terrain!
Et là les relations fraternelles sont profondes et fructueuses !
Oui comme le langage des hommes la musique évolue pour célébrer et adorer Dieu dans toutes les cultures, chez nous c’est une véritable résurrection ! Merci de le souligner.
Concerts-spectacles ou moments de foi ? Emotionnels ou spirituels ? Y parle-t-on grâce de Dieu ou de la grâce de Dieu et de Sa justice ? Y chante-t-on la victoire à la Croix ? La repentance individuelle? La nouvelle naissance ? La sanctification ? La délivrance du péché ? Le retour prochain de Jésus ?…. Etc…
Je ne demande qu’à m’enthousiasmer mais la foi-spectacle et le “christian fashion” me font peur. Le christiannisme est d’abord une relation directe et quotidienne à Jésus, profonde et souvent discrète. L’évènementiel clinquant ne signifie pas toujours racines profondes.
Allez dans les églises, vous avez déjà tout cela mais triste et incompréhensible! Quand on mange du poisson il faut trier et manger la chair en recrachant les seules arêtes !
Exact, une époque où les compétences de fish-cutter sont cruciales….
Tout d’abord merci pour votre article ! Oui, Jésus s’invite ailleurs que dans les seules églises ou autre édifices religieux, et c’est très bien de le voir dans la rue, dans de activités culturelles, des bars, parcs etc., en plus nos propres logis et vies.
La teneur du texte et les noms des festivals énoncés me laissent cependant un goût amer dans la gorge : ne semblent être considérés comme “chrétiens” et comme “Eglise” que les membres de l’Eglise catholique, les autres dénominations et mouvements n’étant pas évoqués, alors que le phénomène des concerts et festivals de musique “chrétienne” sont courants depuis plusieurs décennies, notamment sous l’impulsion des milieux évangéliques. Exclusion par négligence ou-bien en attente d’un retour dans l’institution se considérant comme étant la seule porteuse de salut ?
Quant aux réflexions et au questionnement de Trodafekt, je ne puis que vous suivre. Fouetter les émotions rend plus facilement vulnérable à la manipulation et n’assure pas pour autant une réflexion mure et profonde, ni un travail d’enracinement stabilisateur. Le piège de l’événementiel et d’une superficialité enivrante est dans l’air du temps…
La relation à Jésus est personnelle et demande à être soignée, entretenue, approfondie.
Le louer en fait partie, mais pas que.
c’est tout simplement que l’article est écrit dans un journal catholique pour informer ce public que d’autres formes de célébration existent.
un journal évangélique qui présente un festival de jeunes ne parlera pas non plus des formations catholiques…
Merci pour votre éclairage, je n’y avais pas pensé et il est vrai que cette tendance humaine à ne voir bien souvent que son propre camp/intérêt m’agace quelque peu (que ce soit d’un côté comme de l’autre). Je m’y reconnais pleinement (ce qui ravive probablement ledit agacement)… Le Kingdom Festival qui a eu lieu dernièrement à Bulle semble avoir favorisé le contact et les échanges entre les diverses dénominations, ainsi qu’ encouragé et exhorté les participant(e)s à revenir aux bases communes de la foi, la parole écrite et la parole vivante, leur impact sur la famille, la société, le vivre ensemble.
Le roi David a eu une épouse qui n’aurait pas plus supporter ces manifestations et évènements chrétiens que de voir son mari danser à moitié nu dans le temple!
Elle est restée stérile !
Il faut aller voir de près et passer du temps dans ces rassemblements pour en méditer l’impact et La profondeur!
Certes il y a des concerts seuls, mais beaucoup d’autres de ces évènements sont profonds sérieux et visités d’en haut ! Des appels à la conversion ou à la re-consécration y sont monnaie courante.
Au minimum !
Certainement, certaines de ces soirées peuvent être plus musicales et commerciales que spirituelles, mais ce pas la règle et on peut être profondément impactés au milieu d’une foule, il n’y a pas de recettes pour être touché, et ces temps sont normalement orientés pour cela, que le plus grand nombre soit touché, à chacun ensuite de poursuivre sa route !
Magnifique!
Si seulement tout ces jeunes pouvaient prier pour les autres, prisonniers de leurs écrans…
C’est une très jolie idée, qui devrait fleurir dans toutes les paroisses pour revitaliser la foi du monde occidental… Serait- ce de plus l’antidote au poison islamiste bien diffusé pour détruire nos sociétés..???
En tout cas ce florilège nous permet der penser que tout n’est pas encore perdu !!!
Il y a des “messes du pardon de la mer” en Bretagne, pour les
marins trépassés. Info V.A.
D’autres pardons encore, bien vivaces, en Bretagne, et pas
touristiques.
Jésus a dit:”si quelqu’un n’est pas contre nous, il est avec nous” Il vaut mieux des concerts autour de Jésus que la Hellfest……